14/06/2011
 Thème du droit du travail : Temps de travail
 

31 % des salariés français ont vécu une relation amoureuse ou sexuelle consentie au travail

Amour et travail sont-ils compatibles ? Les Editions Tissot et OpinionWay ont réalisé une enquête sur l’amour au travail, et sur l’appréciation de la difficulté pour chaque salarié de concilier travail et vie sentimentale.

Mots clés de l'article : Edito  |  Harcèlement  |  Discrimination au travail  |  Lieu de travail

50 % des salariés reconnaissent que le travail est un espace pouvant favoriser les rencontres amoureuses. Ceci s’explique par le temps passé au travail et par le regroupement d’individus sur un même lieu. Des différences existent toutefois selon la stabilité d’emploi : intégrer un corps de métier, une administration, une grande entreprise semble d’avantage favoriser les rencontres amoureuses qu’un travail précaire.

Par ailleurs, les résultats du sondage font apparaître une influence très variable du travail sur la vie sentimentale selon le type de relations en cause.

Travail : un environnement propice au flirt

La moitié des salariés français estiment que l’environnement professionnel peut être propice aux rapprochements.

Cependant, sur les 31 % de salariés ayant vécu une relation amoureuse ou sexuelle consentie au travail, 63 % précisent que celle-ci est terminée. On peut donc en déduire qu’une forte majorité de ces relations sont de courte durée.

 Vous pouvez consulter la vidéo de l'analyse du sociologue Ronan Chastellier sur les résultats du sondage des Editions Tissot :

 

Amour et travail : des exigences opposées, difficiles à concilier dans une vie de couple

D’une façon générale, la vie professionnelle entre en conflit avec la vie privée. Ainsi, 78 % des sondés estiment que le travail influe négativement sur la vie familiale, la vie sociale et la vie sexuelle (absences liées à des déplacements, stress, travail effectué au domicile, etc.).

En conséquence, il est difficile de concilier le travail, et le développement d’une vie de couple, ou de famille.

En revanche, une vie amoureuse riche est un moteur de performance professionnelle. 55 % des salariés sondés considèrent en effet que l’amour a un impact positif sur leur travail.

Ceci devrait renforcer la motivation des employeurs à soigner l’aménagement et les conditions de travail de leurs collaborateurs, et ménager ainsi un maximum d’espace pour leur vie personnelle.

 

Travail et vie sentimentale : les dérapages à éviter

Le premier des écueils à éviter est bien entendu le risque d’une relation non désirée. Un comportement déplacé ou trop pressant peut être interprété comme du harcèlement sexuel, pratique condamnée par la loi (Code du travail, art. L. 1153-1). Vous pouvez retrouver des développements précis à ce sujet, illustrés de jurisprudences marquantes, dans l’ouvrage « Dictionnaire droit du travail et sa jurisprudence commentée » des Editions Tissot.

Toutefois, il existe d’autres situations problématiques lorsque se mêlent travail et vie sentimentale, même lorsque la relation est consentie.

Ainsi, il est interdit d’accorder des avantages spécifiques à une personne uniquement en raison d’une relation amoureuse. Le Code du travail prohibe tout type de discrimination, en matière de rémunération, de mutation, de promotion professionnelle, etc., décidée en raison de son sexe, de ses mœurs ou de sa situation de famille (Code du travail, art. L. 1132-1). Ainsi, peu importe que la relation au travail soit connue de tous (c’est le cas pour 16 % des sondés) ou bien conservée à l’abri des regards (cela concerne 22 % des personnes interrogées), il faut s’interdire toute mesure discriminatoire en faveur de son partenaire.

Enfin, concilier amour et travail peut s’avérer délicat, notamment au regard d’obligations spécifiques telles que le respect du secret professionnel.

C’est peut-être pour cette raison que 14 % des sondés considèrent que l’impact de la relation amoureuse sur le travail s’avère plutôt négatif, voire très négatif.


Sondage des Editions Tissot réalisé par OpinionWay auprès d'un échantillon représentatif de 1.001 personnes, salariés du privé et des entreprises publiques, âgés de 18 ans et plus, du 11 au 19 mai 2011

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