|  Suite à une dispute avec son supérieur hiérarchique, vous venez de recevoir une lettre de démission de votre comptable. Son travail vous donne satisfaction et vous n'aviez pas du tout envisagé le fait qu'il puisse quitter l'entreprise.La situation est d'autant plus tendue qu'une autre de vos salariés vous a annoncé la semaine dernière son intention de partir pour suivre son conjoint, muté dans une autre région. Vous n'avez pour autant reçu à ce jour aucune confirmation écrite de sa part et certaines rumeurs vous laissent à penser qu'elle aurait peut-être changé d'avis.Pouvez-vous l'un et l'autre les obliger à respecter un préavis, le temps de vous organiser ? Comment en calculer la durée ? S'agissant de démissions, êtes-vous dispensé de leur remettre l'attestation Pôle emploi (ASSEDIC) ? Etape
1 -
Vérifier la volonté du salarié de quitter définitivement l'entreprise
En règle générale, le seul comportement du salarié ne peut pas être considéré comme suffisant pour laisser à penser qu'il veut démissionner. Pour que le départ du salarié soit considéré comme une démission, il faut qu'il ait manifesté une volonté claire et non équivoque de quitter l'entreprise. La démission doit être mûrement réfléchie et ne pas résulter, par exemple, d'une manifestation de colère, comme c'est vraisemblablement le cas pour votre comptable. Ainsi, vous ne pouvez pas considérer comme démissionnaire un salarié qui : abandonne son poste ou cesse soudainement de venir travailler ; prolonge ses congés sans aucune explication ; refuse une modification de ses conditions de travail ou de son contrat de travail ; ne respecte pas des dispositions légales, contractuelles ou réglementaires qui s'imposent à lui (horaires de travail, tenue vestimentaire, travail à accomplir, etc.).
attention
Si vous acceptez la démission du salarié qui, par exemple, agit sous la colère, sans prendre en compte sa rétractation ultérieure, vous risquez d'être condamné pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. Etape
2 -
Recueillir la preuve de la réalité et du sérieux de la démission
La démission peut résulter d'une simple déclaration verbale, sauf si votre convention collective prévoit expressément qu'elle soit faite par écrit.
Démission orale
Compte tenu du caractère discutable de cette forme de démission, vous aurez tout intérêt à chercher à obtenir des attestations de témoins, présents lors de la déclaration verbale du salarié et, si possible, une confirmation écrite, datée et signée par le salarié lui-même.
Démission écrite
Si le salarié vous a adressé (directement ou par l'intermédiaire de son supérieur hiérarchique) une lettre de démission, cette lettre doit être : écrite, datée et signée par le salarié ; envoyée en recommandé avec accusé de réception ou remise en mains propres contre décharge. Dans ce dernier cas, vous inscrirez sur la copie de la lettre que vous remettrez au salarié la mention « remise en mains propres » suivie de la date et de votre signature.
attention
Si vous souhaitez faire signer par le salarié un modèle-type de démission que vous avez pré-imprimé, assurez-vous qu'il sait lire et écrire correctement le français, sinon sa volonté de démissionner risque d'être mise en doute. Etape
3 -
Bien qualifier la rupture
Faites attention à ce que la démission de votre salarié n'intervienne pas à la suite d'une faute que vous auriez pu commettre, auquel cas cette démission sera requalifiée par les juges en un licenciement dépourvu de cause réelle et sérieuse. Pour que cette requalification soit possible, il faut que vos manquements soient suffisamment graves (violences morales, modification unilatérale du contrat, manquement à l'obligation de sécurité, etc.) et qu'ils aient précédé de peu le départ du salarié. Dans le cas contraire, le départ du salarié restera considéré comme une démission. Pour que la requalification soit possible, il faut, par ailleurs, que le salarié ait avancé les faits au moment de sa démission et non pas après avoir démissionné sans réserve. Après une démission sans réserve, seul un élément très concret et dans un temps proche de cette démission peut la remettre en cause. Enfin, c'est au salarié de prouver les faits qu'il avance à votre encontre.
Deux comportements fautifs de l'employeur sont généralement retenus par les juges : le non-respect des obligations contractuelles : vous ne fournissez pas de travail à votre salarié ou ne lui versez pas sa rémunération par exemple ; le non-respect des conditions de travail : c'est le cas par exemple si vous imposez au salarié d'exécuter sa prestation de travail malgré des conditions de travail dangereuses, ou si vous ne respectez pas la réglementation relative à l'hygiène et la sécurité (interdiction de fumer par exemple).
Etape
4 -
Calculer la durée du préavis
En principe, un salarié qui démissionne a l'obligation d'accomplir un préavis. Ce préavis débute lorsque vous recevez la démission (par écrit ou verbalement). La durée du préavis est définie : soit par la loi (pour les femmes enceintes, les VRP ou journalistes, par exemple) ; soit par la convention collective ; ou, encore, par les usages pratiqués dans la profession, si ni la loi, ni la convention collective ne prévoit autre chose.
Pendant le préavis, le contrat de travail se poursuit dans les mêmes conditions que précédemment. Vous pouvez toutefois dispenser votre salarié d'effectuer tout ou partie de son préavis, mais deux cas sont à distinguer : si c'est vous qui ne souhaitez pas que le salarié accomplisse son préavis, vous devrez lui verser une indemnité compensatrice de préavis égale au salaire qu'il aurait perçu s'il était venu travailler pendant cette période ; si c'est le salarié qui vous demande de le dispenser de son préavis, vous êtes libre d'accepter ou de refuser. Si vous acceptez, le salarié ne pourra pas exiger le paiement d'une quelconque indemnité compensatrice de préavis.
La durée du préavis peut également être réduite s'il y a accord entre les deux parties. En revanche, sont dispensés de préavis : les salariées en état de grossesse apparente ; les salariées en congé maternité, à condition qu'elles en informent l'employeur au plus tard 15 jours avant la fin du congé maternité ; les salariés qui viennent d'être pères, dans les 2 mois qui suivent la naissance, s'ils en informent l'employeur au plus tard 1 mois et demi après l'événement.
Etape
5 -
Accorder les heures pour recherche d'emploi
Si le salarié vous demande l'autorisation de s'absenter pour se consacrer à la recherche d'un nouvel emploi, vérifiez tout d'abord ce que prévoient votre convention collective, les usages ou le contrat de travail. Si cette possibilité est expressément prévue, vous devrez permettre à votre salarié de s'absenter et maintenir son salaire. Etape
6 -
Accomplir les formalités de fin de contrat
A l'issue de son contrat de travail, vous devrez verser au salarié démissionnaire les sommes suivantes : salaire ; congés payés non pris ; indemnité de préavis (si vous avez refusé que votre salarié accomplisse son préavis) ; prime de 13e mois, si elle existe dans l'entreprise ; contrepartie financière de la clause de non-concurrence si elle était prévue au contrat.
Vous devrez également lui remettre : une attestation Pôle emploi (ex-ASSEDIC) (dont vous devrez transmettre un exemplaire directement à Pôle emploi) ; un certificat de travail (qui doit mentionner notamment les heures acquises par le salarié au titre de son droit individuel à la formation (DIF) et l'OPCA compétent) ; un reçu pour solde de tout compte (dont la remise est obligatoire quel que soit le motif de rupture du contrat, y compris la démission).
Enfin, n'oubliez pas de mentionner le départ du salarié démissionnaire sur le registre du personnel. | | | |
| | Ne considérez pas comme démissionnaire un salarié qui est absent depuis plusieurs jours sans justification
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| | Les représentants du personnel ne jouent aucun rôle particulier à l'occasion d'une démission.
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| | Comme évoqué à l'étape 3, un salarié démissionnaire qui motive son départ par la faute de l'employeur (harcèlement, non-versement du salaire ou non-respect des conditions de travail, par exemple) et prend acte de la rupture de son contrat de travail aux torts de l'employeur pourra être considéré par les juges comme licencié abusivement.
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| | Avant tout, essayez de comprendre les raisons de ce départ
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| | Un salarié en CDD peut-il démissionner ?
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