Etape
1 -
S'assurer que la sécurité du site est rétablie : démarche essentielle suite à la survenance d'un accident du travail
Il s'agit de la première démarche, à effectuer dès que vous avez connaissance de l'accident du travail.
Pour assurer la sécurité du site, vous devez déterminer avec le salarié ou un collègue témoin de la scène la cause de l'accident et vous assurer que tout danger est écarté pour les autres salariés.
Si l'accident résulte d'un problème matériel devant être corrigé (par exemple, une rampe d'escalier qui a cédé ou une machine défectueuse), vérifiez que le service chargé de la sécurité a bien été prévenu. Cette fonction peut dépendre d'un service différent selon les sociétés (les plus courants sont les services généraux ou le service de maintenance).
Etape
2 -
S'assurer de la santé du salarié blessé
Assurez-vous dès que possible de l'état de santé du salarié et que tout a été mis en oeuvre pour lui porter secours (transport à l'infirmerie de la société ou à l'hôpital si nécessaire).
Prévenez, si cela n'a pas été fait, le responsable du salarié pour le mettre au courant des faits et pour qu'il veille en direct à la bonne marche des opérations.
Pensez à prévenir avec délicatesse la famille et à indiquer le lieu où le salarié a été emmené.
Etape
3 -
Remplir les formalités administratives
Donner au salarié la feuille d'accident du travail
Dès que vous avez connaissance de l'accident, vous avez l'obligation de remplir et délivrer au salarié une feuille d'accident du travail (formulaire Cerfa n° 11383*02). En pratique, cette feuille est remplie en parallèle de la déclaration faite à l'assurance maladie.
Cette feuille lui permet de ne pas avoir à effectuer l'avance des frais médicaux et pharmaceutiques ou d'hospitalisation.
Déclarer l'accident à la Sécurité sociale
Quelles que soient les circonstances, vous avez l'obligation de déclarer l'accident du travail à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM).
Vous disposez d'un délai de 48 heures à compter de l'accident pour le déclarer. Bien entendu, en pratique, ce délai commencera à courir à compter du moment où vous en avez eu connaissance. Ce délai ne tient pas compte des dimanches et des jours fériés.
La déclaration doit être faite sur le formulaire Cerfa n°14463*01.Vous pouvez vous procurer ce formulaire auprès de la CPAM ou le télécharger sur
http://www.ameli.fr ou
http://www.service-public.fr.
Le formulaire, intitulé déclaration d'accident du travail ou d'accident de trajet, contient notamment les mentions suivantes :
les références de l'établissement auquel est rattachée la victime (siret, code risque) ;
la qualification professionnelle de la victime (cadre, technicien, agent de maitrise, etc.) ;
le lieu précis de l'accident (lieu de travail habituel, occasionnel, lieu du repas, au cours du trajet domicile-lieu de travail ou travail-lieu du repas, au cours d'un déplacement pour l'employeur) ;
l'activité de la victime lors de l'accident, la nature de celui-ci et l'objet dont le contact a blessé la victime ;
le siège et la nature des lésions ;
éventuellement, l'établissement de l'arrêt de travail par un médecin ;
la distinction entre « témoin » et « première personne avisée ».
Vous envoyez les trois premiers volets par lettre recommandée avec accusé de réception et conservez pour vous le dernier volet. C'est à la CPAM du lieu de résidence de la victime que vous devez adresser cette déclaration. La déclaration peut aussi se faire de façon dématérialisée sur le site net-entreprises.
La plus grande partie concerne des renseignements administratifs et vous saurez les remplir facilement en consultant les données du salarié en votre possession. Il faudra également relater les faits liés à l'accident et il conviendra donc de trouver la personne la plus apte à les décrire.
Un salarié ayant été témoin de la scène est la personne la plus indiquée pour vous aider. Cependant la plupart du temps, c'est le salarié qui vous décrira les circonstances de l'accident ou un collègue à qui il aurait raconté l'accident, si on a dû l'emmener. Dans tous les cas, vous relaterez les faits dans l'ordre chronologique où ils se sont déroulés.
Si la place réservée à ce récit sur le formulaire n'est pas suffisante, vous pouvez joindre à la déclaration une feuille à part relatant les faits.
attention
Sachez que si vous refusez de remplir une déclaration, le salarié peut en remplir une lui-même dans les 2 ans qui suivent son accident.
Si vous êtes absent de l'entreprise, votre représentant peut faire cette déclaration à votre place. Mais en cas de litige, ce sera vous, personnellement, qui devrez prouver que cette déclaration a bien été faite.
Etablir l'attestation de salaire
Si le salarié est en arrêt de travail, vous devrez compléter la déclaration d'accident avec une attestation de salaire (formulaire
Cerfa n° 11137*02). Ce document permettra à l'assurance maladie de calculer les indemnités journalières du salarié.
Ce document doit être envoyé :
soit avec la déclaration d'accident, si le salarié est en arrêt immédiatement après l'accident ;
soit postérieurement à la déclaration, si le salarié est revenu travailler mais qu'il est arrêté par la suite.
Etape
4 -
Remplacer le salarié
Le remplacement du salarié est possible par une affectation temporaire d'un autre salarié à son poste et à condition que la sécurité ait été rétablie. Ce remplacement peut durer tant que le salarié vous fournit des arrêts d'accident du travail (différents de ceux réservés à la maladie).
Si l'arrêt se prolonge, vous pouvez embaucher une personne en contrat à durée déterminée (CDD) ou intérim.
Etape
5 -
Prendre en compte les conséquences sur la paie du salarié
Vérifiez dans votre convention collective les éventuels droits au maintien de salaire du salarié.
Pas de maintien ou maintien sans subrogation
La retenue sur la fiche de paie est totale et c'est le salarié qui percevra les indemnités versées par la Sécurité sociale selon ses droits.
Maintien avec subrogation
Le salaire est maintenu à 100 % par l'employeur. C'est vous qui vous ferez rembourser le salaire maintenu par la Sécurité sociale.
La subrogation doit être indiquée sur la déclaration de salaire.
Etape
6 -
Evaluer la gravité de l'accident et ses conséquences
L'accident est grave ou aurait pu avoir des conséquences graves
Vous devez en informer le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), s'il y en a un dans votre entreprise. Si nécessaire, une réunion peut être organisée pour comprendre les circonstances de l'accident et mettre en place des mesures de prévention adéquates afin qu'il ne se renouvelle pas.
L'accident est bénin
La déclaration reste obligatoire, elle permettra à la victime de pouvoir être prise en charge au titre des accidents du travail en cas de complication ultérieure.
Toutefois, vous pouvez demander à la caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (CARSAT) ou à la CRAM (pour l'Ile de France et l'Alsace-Moselle) l'autorisation de déclarer ces accidents bénins dans un registre spécifique, que vous lui communiquez une fois par an.
Pour cela, votre entreprise doit être dotée :
d'une personne capable d'administrer des soins médicaux ou de premiers secours (médecin, pharmacien, infirmier, chargé de mission d'hygiène et de sécurité, secouriste) présente en permanence ;
d'un poste de secours d'urgence ;
d'un CHSCT (à défaut, vous devez vous engager à consulter les représentants du personnel).
La déclaration faite sur le registre des accidents bénins comporte les mêmes mentions que celles portées sur la déclaration d'accident. Elle est signée par le salarié.
Si par la suite la lésion s'aggrave et que le salarié est arrêté, il conviendra de compléter une déclaration d'accident du travail et de l'adresser à la Caisse Primaire d'Assurance Maladie dans les 48 heures suivant le nouvel événement.