Le licenciement pour fin de chantier
Définition
L'article L. 321-12 du Code du travail
stipule que " ne sont pas des licenciements économiques
les licenciements qui, à la fin d'un chantier, revêtent
un caractère normal selon la pratique habituelle et l'exercice
régulier de la profession considérée ".
Cet article, introduit par la loi du 30 décembre 1986, a
légitimé la pratique des licenciements pour fin de
chantier utilisée par la profession du bâtiment.
Le ministre du travail avait, en effet, précisé dans
une circulaire du 13 novembre 1978, que les licenciements intervenant
dans les conditions ci-après définies étaient,
sans équivoque, des licenciements pour fin de chantier non
soumis à la procédure du licenciement pour cause économique
:
-> licenciements de personnes dont le réemploi ne peut
être assuré lors de l'achèvement des tâches
qui leur étaient confiées, lorsque ces personnes ont
été employées sur un ou plusieurs chantiers
pendant une période continue inférieure à 18
mois ;
-> licenciements de personnes engagées sur un chantier
de longue durée dont le réemploi ne peut être
assuré lors de l'achèvement, sur ce chantier, des
tâches qui leur étaient confiées ;
-> licenciements de personnes qui, quelle que soit leur ancienneté,
ont refusé à l'achèvement d'un chantier l'offre
faite par écrit, d'être occupées sur un autre
chantier, y compris en grand déplacement dans les conditions
conventionnelles applicables à l'entreprise.
Fondement du licenciement
Le licenciement pour fin de chantier
est fondé sur l'impossibilité de reclassement sur
les autres chantiers de l'entreprise.
(Accord paritaire national sur la stabilité de l'emploi et
le licenciement pour fin de chantier conclu le 26 juin 1986 dans
la profession).
Procédure de licenciement
Le licenciement pour fin de chantier,
lorsqu'il revêt un caractère normal, est soumis à
la procédure du licenciement pour cause personnelle.
Lorsque le licenciement pour fin de chantier affecte simultanément
plusieurs salariés, l'employeur est tenu d'appliquer pour
chaque salarié la procédure de licenciement pour cause
personnelle. (Réponse ministérielle, 14 avril 1980).
· Dispositions conventionnelles spécifiques
Les partenaires sociaux
de la profession ont aménagé, à l'article X-7
de la Convention collective nationale des ouvriers, une procédure
spécifique de licenciement pour fin de chantier.
· Consultation du comité d'entreprise
Le comité d'entreprise doit être informé et
consulté dans un délai de quinze jours avant l'envoi
des lettres de licenciement.
Cette information et cette consultation ont lieu au cours d'une
réunion dont l'ordre du jour précise l'objet.
Le chef d'entreprise, ou son représentant, remet aux représentants
du personnel les indications suivantes :
-> la date d'achèvement des tâches des salariés
concernés,
-> le nombre de salariés concernés en distinguant
ceux pouvant éventuellement être réembauchés
sur un autre chantier, y compris en grand déplacement, par
mutation ou reclassement interne,
-> le nombre de salariés dont
le réemploi ne peut être assuré lors de l'achèvement
des tâches qui leur étaient confiées, lorsque
ces personnes ont été employées sur un ou plusieurs
chantiers pendant une période continue inférieure
à 18 mois,
-> le nombre de salariés engagés sur un chantier
de longue durée dont le réemploi ne peut être
assuré lors de l'achèvement sur ce chantier des tâches
qui leur étaient confiées,
-> les mesures telles que le recours à la formation professionnelle
continue, susceptibles de permettre le reclassement des salariés
dans l'entreprise,
-> les mesures envisagées pour faciliter le reclassement,
hors de l'entreprise, des salariés qui devront être
effectivement licenciés.
L'avis du comité d'entreprise est transmis au directeur départemental
du travail (article L. 432-1 du Code du travail).
Droits des salariés licenciés
Les salariés licenciés
pour fin de chantier peuvent demander à bénéficier
d'une convention de conversion s'ils remplissent les conditions
requises.
Ils bénéficient en outre d'une priorité de
réembauchage durant un an à compter de la date de
la rupture de leur contrat, s'ils manifestent le désir d'user
de cette priorité dans un délai de deux mois à
partir de leur départ de l'entreprise. Les salariés
concernés doivent être informés de tout emploi
disponible dans leur qualification.
La lettre de licenciement rappellera la particularité du
contrat pour la durée du chantier et devra mentionner la
priorité de réembauchage.
(Tiré
de social batiment - En savoir plus sur l'ouvrage)

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