Droit du travail & RH

Apprentis, alternants… Des ressources compatibles avec le télétravail ?

Publié le par dans Management.

Alors que beaucoup d’entreprises luttent pour leur survie et que les forums-écoles sont fermés, le recrutement des apprentis ou alternants est loin d’être la priorité. Pourtant, jamais les jeunes n’ont eu autant besoin de décrocher leur précieux sésame pour mettre un pied en entreprise. Leur hyper-motivation, conjuguée aux aides de l’Etat peut, par ailleurs, faire d’eux de très précieuses ressources, même en télétravail… Pour autant que leur gestion soit un tant soit peu adaptée.

Apprentis, alternants… Quels sont leurs droits en matière de télétravail ?

Les apprentis et les bénéficiaires d’un contrat de professionnalisation, en tant que salariés de l’entreprise bénéficient – en théorie – des mêmes droits que tous les autres salariés, y compris en matière de télétravail. Pour autant, une entreprise est libre de déployer sa politique salariale comme elle l’entend… Sauf en période d’épidémie ! L’incitation gouvernementale à recourir massivement au télétravail concerne en effet tous les salariés quel que soit leur type de contrat, dès lors que leur activité au sein de l’entreprise le permet. A partir de là, les apprentis ou alternants doivent impérativement avoir les mêmes obligations et droits que les autres salariés (ex. : prise en charge des frais de télétravail, type remboursement sur justificatifs ou versement d’une indemnité mensuelle) et doivent être dotés des mêmes équipements (ordinateur, téléphone, fournitures de bureau, etc.).

Comment optimiser le recrutement à distance des apprentis ou alternants ?

Réaliser plusieurs entretiens d’embauche

Puisque le présentiel est quasiment impossible, il est conseillé de multiplier les entretiens virtuels. Ainsi, proposer au minimum deux à trois visioconférences à un candidat et varier les interlocuteurs internes (RH, management direct et indirect, etc.) permet de confronter les opinions et d’éviter les erreurs de casting.

Prendre des références

Ecoles, anciens employeurs… la prise de références est encore plus précieuse pour mesurer la motivation et l’implication du candidat s’il est recruté en distanciel. Il existe un outil appelé LVDF (« le vrai du faux »), qui permet de récolter les avis d’anciens employeurs.

Comment offrir un onboarding digne de ce nom ?

Soigner l’intégration

Assurer un onboarding de qualité est déjà un défi en temps normal et pour un collaborateur expérimenté… Alors à distance et pour quelqu’un de novice, le défi prend encore une autre dimension ! L’aspect technique est essentiel : s’assurer par des tests, de la qualité de la connexion Internet du lieu du télétravail, envoyer l’équipement informatique, les codes d’accès et les identifiants personnels avant le 1er jour du contrat, etc. Mais le télétravail n’exclut pas l’aspect humain non plus : organiser une visioconférence pour présenter à l’apprenti ses collèges et lui souhaiter la bienvenue est bien sûr primordial.

Et, bien sûr… Assurer la formation !

Il ne faut pas oublier qu’embaucher un apprenti ou un alternant engage aussi l’entreprise à le former. Pour ce faire, il est impératif de veiller à ce que des échanges réguliers aient lieu entre le salarié et son tuteur, ainsi qu’avec différents collaborateurs internes. Le travail à distance oblige aussi à avoir recours à des modules de e-learning. Il existe des outils comme le logiciel d’animation PowToon, qui permet de produire des vidéos explicatives personnalisées sur différents sujets, tels que, par exemple, l’histoire de l’entreprise…

Comment adapter le management ?

Dans le contexte de travail à distance, le mieux est de revenir aux « basiques du management » : une liste de tâches à effectuer, des deadlines et, entre-temps, des points sur l’état d’avancement, en mettant en place des feedbacks réguliers. Certes, si cela fait partie du B.A-BA managérial, les feedbacks doivent être intensifiés pour les apprentis et alternants. Avec la généralisation du télétravail, les moments informels de petites discussions de couloir qui permettent de savoir si le collaborateur va bien ou s’il a des difficultés par exemple, ont disparu… Il est donc primordial d’intensifier les échanges en visio non seulement pour mesurer le degré de compréhension et d’implication de l’apprenant mais aussi pour s’assurer qu’il va bien.

Pour tout savoir sur le télétravail, les Éditions Tissot vous proposent leur dossier « Télétravail ».