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Bruit sur les chantiers : attention aux décibels

Publié le par dans Sécurité et santé au travail BTP.

Qu’il provienne de véhicules de chantier, de machines ou d’équipements de travail, le bruit constitue une des premières sources de nuisance des chantiers. D’où la nécessité d’identifier les risques qui ne peuvent être évités et de les réduire à la source par des mesures de prévention adaptées. Quelles sont vos obligations ?

Le niveau de bruit auquel les salariés sont soumis pouvant varier au cours de la journée, il est indispensable de mesurer le temps d’exposition aux différentes sources et niveaux de bruit sur le chantier.


Bruit sur les chantiers : estimer le temps d’exposition au bruit

Vous devez évaluer en priorité le niveau d’exposition des salariés à leur poste de travail.

Cette démarche est essentielle en ce qu’elle va vous permettre :

  • de caractériser les différentes sources de bruit (origine, nature, durée, rythme, niveau…) ;
  • d’estimer les caractéristiques physiques du bruit (fréquence, intensité) ;
  • de mettre en relation les activités exercées et les niveaux sonores correspondants.

Comment mesurer les seuils d’exposition ? Des mesurages ponctuels effectués à hauteur d’oreille au moyen d’un sonomètre équipé d’un micro peuvent vous permettre de déterminer les zones de travail les plus bruyantes.

Pour les salariés travaillant dans ces zones, des mesurages complémentaires peuvent être réalisés à l’aide :

  • d’un exposimètre qui mesure en continu le niveau de bruit pendant la journée de travail ;
  • d’un sonomètre qui permet de réaliser des relevés pendant les phases de travail ou d’exposition les plus significatives.

Vous pouvez également recourir à la cartographie afin d’obtenir une représentation graphique des niveaux sonores dans les différentes zones de travail.

Le niveau d’exposition des salariés au bruit est évalué par la combinaison de deux paramètres acoustiques :

  • le niveau d’exposition moyenne sur 8 heures : Lex 8h ; Ce paramètre représente la dose de bruit reçue par un salarié sur une journée de travail de 8 heures. Le niveau sonore en moyenne dans le temps s’exprime en dB(A) ;
  • le niveau crête, Lpc. Il représente le niveau de bruit impulsionnel maximal observé pendant la journée de mesure. Il permet de tenir compte des événements sonores impulsionnels de niveau élevé, par exemple, l’impact d’un marteau sur une tôle ou l’échappement d’un gaz. Il s’exprime en dB.

Une fois mesurés, ces paramètres acoustiques obtenus sont à comparer aux trois seuils réglementaires :

  • un seuil inférieur d’action de 80 dB(A) pour une exposition de 8 heures, à partir duquel une action est requise ;
  • un seuil supérieur d’action de 85 dB(A), à partir duquel des mesures de prévention renforcées doivent être prévues ;
  • une valeur limite d’exposition, qui ne doit jamais dépasser un niveau d’exposition quotidienne au bruit de 87 dB(A).

Attention, pour les chantiers publics, des valeurs maximales de bruit sont autorisées selon les types de matériel. Ces valeurs sont les suivantes :



Mettre en place des mesures de prévention contre le bruit sur les chantiers

Dès lors que l’existence de risques pour les salariés est avérée, vous devez mettre en place en concertation avec le CHSCT (ou, à défaut les DP), des actions de prévention visant à réduire la durée et l’intensité de l’exposition au bruit.

Il faut privilégier les solutions collectives, plus efficaces. La réduction du bruit à la source (silencieux d’échappement, contrôle actif…) ou de sa propagation (isolation vibratoire, capotage et/ou encoffrement des machines, pose d’écrans acoustiques), doit être une priorité.

Pour vous aider à anticiper les risques professionnels majeurs du BTP liés au bruit sur les chantiers, consultez l’ouvrage « Sécurité et situations de chantier BTP » des Editions Tissot.

Si certaines solutions restent onéreuses et techniquement difficiles à mettre en oeuvre, d’autres plus simples, existent.

Un changement d’organisation du travail (éloignement des salariés des zones les plus bruyantes pendant une partie de la journée, rotation des postes de travail) ou l’emploi de matériaux nouveaux, peut ainsi être une solution efficace pour diminuer l’exposition au risque.

De même, la mise en place de dispositifs spécifiques (silencieux d’échappement, d’écoulement…) ou encore, la limitation de la vitesse de circulation peut permettre de réduire notablement les émissions sonores dues à des vibrations internes d’une machine ou liées à la conduite d’engins.

Dans tous les cas, les équipements de protection individuelle ne doivent être envisagés qu’en dernier ressort, quand tous les efforts destinés à éliminer ou réduire la source de bruit ont été épuisés. Dès 80 dB(A) d’exposition au bruit, le port de protections auditives est toutefois vivement conseillé. A partir de 85 dB(A), il devient obligatoire.


Protéger les salariés exposés au bruit

Les salariés affectés à des travaux comportant une exposition quotidienne supérieure ou égale à 80 dB(A), doivent bénéficier d’un examen médical préalable ainsi que d’une surveillance médicale renforcée, lorsque l’exposition sonore quotidienne atteint un niveau supérieur ou égal à 85 dB(A).

Ils doivent également être informés sur les risques résultant de l’exposition au bruit, les moyens de prévention en place et le port et les modalités d’utilisation des protections individuelles.

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