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Ces startups qui surfent sur la tendance à travailler « hors les murs de l’entreprise »

Publié le 20/09/2022 à 05:30 dans Management.

Temps de lecture : 4 min

Entamée à la faveur de la crise sanitaire, la désacralisation du bureau se confirme, faisant du travail nomade une tendance de fond qui révolutionne l’organisation du travail. Un temps l’apanage de quelques startups et des métiers du digital, travailler à distance devient à la portée de plus en plus de salariés. Voyons, comment des entrepreneurs rivalisent d’idées pour leur offrir des conditions de travail ++ tout en créant des opportunités économiques.

Naboo, la startup qui propose aux salariés de se mettre au vert

Elle ne s’est lancée qu’en 2021, mais elle gère déjà un réseau de plus de 150 villas (sur un objectif de 800 à moyen terme) et a déjà levé 2 millions d'euros. L’idée des deux jeunes fondateurs de la startup Naboo ? Proposer aux entreprises de grandes maisons adaptées au travail collaboratif (Wifi haut débit, postes de travail, chambres séparées, espaces communs, etc.) afin de permettre à leurs salariés de s’échapper du bureau quelques jours dans l’année. Mais attention ! Même si le cadre peut s’y prêter, on ne parle ni de vacances ni de séminaire, la finalité est bel et bien de travailler et d’assurer une productivité optimale. Outre des villas réparties sur tout le territoire et triées sur le volet, Naboo propose à ses clients un outil leur permettant de sélectionner le lieu qui leur convient le mieux et de gérer les demandes des salariés (ils disposent d'une carte de crédit avec les jours « au vert » alloués par leur société) ainsi que toute une palette de prestations supplémentaires : transport, livraison de courses, etc. Le modèle économique est simple : Naboo se rémunère sur l’abonnement mensuel proposé aux entreprises et prélève, en plus, 2 % sur le montant des locations pour couvrir les frais de paiement. Quant aux propriétaires des villas, ils ne sont pas très difficiles à convaincre : « Nous leur apportons de la clientèle en période creuse, en semaine, en complément des plateformes existantes comme Booking ou Airbnb », explique l’entreprise.

Holiworking, la jeune pousse qui allie télétravail et voyage

Lancée en 2019, Holiworking, une startup nantaise, a choisi d’accompagner les salariés qui aspirent à télétravailler depuis l’étranger et les entreprises qui acceptent de leur donner cette latitude. Les séjours de télétravail ont une durée de 6 à 12 mois et sont pour l’heure possibles à Mérida (Mexique), Cape Town (Afrique du Sud), Bali (Indonésie) et sur l’Ile Maurice. La startup travaille à ouvrir d’autres destinations... Ainsi, les entreprises pourront bientôt proposer à leurs salariés de télétravailler depuis Toronto, Buenos Aires, Rabat ou encore Auckland. La plus-value de Holiworking ? Elle s’occupe de tout ! Visas, choix du logement et même, en option, un coach sur place. La solution proposée par la startup se veut « clé en main ». L’entreprise cliente ne gère aucune logistique, seulement le management du travailleur à distance. Par ailleurs, l’innovation RH d’Holiworking ne génère quasiment aucun surcoût pour l’entreprise puisque le prestataire se rémunère en prélevant 10 % du salaire du télétravailleur, coût souvent indolore pour le salarié car compensé par un gain de pouvoir d’achat dans la majeure partie des destinations proposées. Et puis, travailler à l’ombre des cocotiers, ça n’a pas de prix ! Gaël Brisson, le fondateur de la jeune pousse qui vient de lever 1 million d'euros regarde l’avenir avec confiance et optimisme : « Le marché des digital nomads double tous les ans. Il y a 3 ans, quand on a démarré, aucun pays ne disposait d'un visa télétravail. Aujourd'hui, ils sont plus de 25 à accueillir les télétravailleurs. »

Remoters s’appuie sur son réseau pour dénicher les meilleurs logements permettant de télétravailler depuis l’étranger

Remoters a vu le jour en 2021. Elle ne va pas aussi loin qu’Holiworking dans l’accompagnement du télétravail à l’étranger : elle se focalise sur la découverte des logements les plus adaptés et les moins onéreux. Pour ce faire, elle a créé un réseau de « remoters », « des particuliers qui veulent télétravailler à l'étranger avec des correspondants francophones […]. Ces derniers, qui sont installés dans le pays depuis un moment et connaissent parfaitement le territoire, sont chargés de trouver un logement qui répondra aux attentes du client », explique Damien Corchia, l’un des cofondateurs. L’offre de Remoters se situe ainsi à mi-chemin entre la location touristique et la location meublée de longue durée.

Les différentes formules mises en place par ces start-up novatrices, non seulement permettent aux entreprises de se démarquer et d’attirer des talents, mais elles sont aussi sources de nouveaux leviers de performance... Meilleur équilibre vie pro/vie perso, accroissement de l’implication et de l’autonomie des collaborateurs : autant de gages de plus d’investissement. Selon un sondage OpinionWay réalisé cette année pour Remoters, 35 % des chefs d’entreprise estiment possible le recours au télétravail depuis l’étranger. 14 % déclarent même avoir déjà organisé ce mode de travail. Ils y voient une source de motivation pour leurs salariés et espèrent développer l’attractivité de la marque employeur. Reste à adapter le management et gérer les éventuels décalages horaires !

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Valérie Macquet

Conceptrice- rédactrice, conseil en écriture, auteur, biographe, formatrice pour adultes

Après avoir été gérante d’une agence de communication, directrice déléguée d’un hebdomadaire, puis manager commerciale d’une équipe de commerciaux grands comptes, j’en ai eu assez de jongler avec les...