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Edito d’avril : histoires d’hôtesses

Publié le par dans Contrat de travail.

Les contraintes vestimentaires imposées aux salariés sur leur lieu de travail sont une source inépuisable d’inspiration. Théoriquement, le Code du travail protège le personnel des entreprises en disposant que « nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions ». Il existe toutefois des exceptions qui peuvent poser problème…

L’article L. 1121–1 du Code du travail dispose que « nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions » sauf si elles sont « justifiées par la nature de la tâche à accomplir » ou « proportionnées au but recherché ».

Bien entendu, ce sont ces exceptions qui peuvent poser problèmes. Nous retiendrons l’exemple du port obligatoire de l’uniforme. A plusieurs reprises, nos juridictions ont eu à se prononcer sur ce problème.

Certains pourraient penser que cette question est une spécificité française. Il n’en est rien. Un tout récent exemple japonais vient démontrer le contraire.

En l’espèce, il s’agissait du cas d’une compagnie aérienne nippone à bas coût qui, à l’occasion du vol inaugural de son premier Airbus A 330, avait fait réaliser un uniforme pour son personnel de cabine féminin. Le problème résidait dans le fait que cette tenue était…très (très) courte. La robe, déjà extrêmement moulante, découvrait une grande partie des cuisses.

Devant le tollé soulevé par cette initiative, le président de la compagnie a annoncé que sa société n’imposerait pas cet uniforme aux hôtesses qui refuseraient de le porter.

Pour conclure, nous vous soumettons la polémique qui est apparue au salon de l’auto de Genève autour des hôtesses de stands. En résumé, beaucoup de jeunes filles se sont plaintes de leur rôle de « potiche » et du comportement parfois déplacé de certains visiteurs. Les marques automobiles ont réagi et elles se sont défendues en précisant que le recrutement de leurs hôtesses n’était pas basé exclusivement sur le physique des candidates mais aussi sur leurs compétences. Une expression anglo-saxonne, même si elle est considérée comme sexiste, écorne cette position, il s’agit de « booth babes » que certains traduisent par « poules de stands ». Il est temps que les mentalités changent…vraiment !


Par Philippe LAFONT – Consultant en droit social

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