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Edito d’avril : le Gouvernement explore différentes pistes pour la baisse des charges

Publié le par dans Rémunération BTP.

Soucieux de trouver le bon équilibre pour soutenir à la fois l’emploi et la compétitivité, le Gouvernement planche sur plusieurs scénarios de baisses des charges. Une décision qui sera révélatrice des choix qui sont faits pour l’avenir. Le verdict est attendu courant du mois.

En promettant début janvier aux entreprises, 30 milliards d’euros d’allègement de charges d’ici à 2017, François Hollande a ouvert la boîte de Pandore. Car les options du pacte de responsabilité pour atteindre cet objectif, sont multiples. Reste surtout à savoir comment se répartiront les 10 milliards d’euros supplémentaires de baisse de charges promis par le Président.

Si le maintien de l’allègement de 20 milliards d’euros via le CICE semble acquis, le débat sur l’affectation de l’enveloppe supplémentaire est épineux.

D’un côté, les tenants d’une mesure favorable à la compétitivité plaident pour un élargissement du CICE qui, au lieu de s’arrêter à 2,5 SMIC, pourrait atteindre jusqu’à 3 SMIC. De quoi couvrir davantage de salariés.

En face, les partisans d’une baisse de charges concentrée sur les bas salaires soutiennent que la réduction du coût du travail pour les rémunérations proches du SMIC permettrait de créer plus de postes, et plus vite. Un argument qui fait mouche en ces temps de chômage élevé.

Ce scénario semble-t-il séduit l’exécutif qui indique vouloir faire porter les 10 milliards supplémentaires sur les bas salaires, moyennant une remise à plat du système existant. Une piste possible consistant à relever le seuil d’extinction de l’allègement Fillon à 1,75 SMIC au lieu de 1,6 aujourd’hui.

Une solution qui permettrait certes de créer des emplois rapidement, mais ce faisant qui favoriserait le développement de « trappes à bas salaires » et une moindre productivité des entreprises encouragées à recourir davantage au travail peu ou non qualifié.

Pour l’heure, le Medef ne veut donc pas en entendre parler et plaide pour une solution intermédiaire. L’organisation patronale pousse un scénario qui consisterait à garder le CICE et les allégements Fillon en l’état et, à faire porter le bénéfice des 10 milliards d’euros supplémentaires sur un allégement de moitié des cotisations familiales. Un dispositif qui a l’avantage de toucher l’ensemble des salaires.

Difficile d’imaginer que le patronat abandonne sa solution sans se battre. Rien n’est perdu à ce jour, car rien n’est encore arbitré. Selon toute vraisemblance, le gouvernement ne devrait pas dévoiler l’option retenue avant la mi-avril. Une chose est certaine, il devra prendre en compte l’impératif de compétitivité. D’autant que les syndicats, la CFDT en tête, souhaitent des mesures en ce sens.

Florence Labbé

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