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Edito de février : la construction dans l’oeil du cyclone

Publié le par dans Contrat de travail BTP.

Au total, plus de 63.000 entreprises ont « rendu les armes » l’an dernier, presqu’autant qu’en 2009 qui demeure le référentiel de crise. La construction, qui concentre à elle seule près d’un tiers des faillites, focalise toutes les inquiétudes. En hausse de plus de 5 % sur un an, les défaillances de ses entreprises reflètent la fragilité du secteur.

Alors que l’industrie, avait payé le plus lourd tribut à la crise en 2009, ce sont désormais d’autres secteurs, dont la construction, qui focalisent toutes les inquiétudes. Qualifié de « secteur de tous les dangers » par la Coface dans son dernier baromètre*, la filière qui ne représente qu’un sixième des entreprises françaises, concentre à elle seule près d’un tiers (32,9 %) des faillites.

En octobre 2013, sur douze mois glissants, le nombre d’entreprises « pris dans la tempête » était ainsi en hausse de 5,1 %, avec 20.541 défaillances (redressement ou liquidation judiciaire). Une surreprésentation d’autant plus inquiétante que ces dernières augmentent à un rythme plus soutenu que celui de la moyenne des autres secteurs. Le coût associé, c’est-à-dire l’encours fournisseur de chaque entreprise défaillante, ne cessant en outre de progresser (+9,6 %).

Même s’il s’avère que l’ensemble de la filière connaît des difficultés, on note des évolutions différentes par type d’activité. Ainsi dans le BTP qui concentre 77,9 % des défaillances, ce constat est particulièrement sensible dans certaines activités de second œuvre du bâtiment : la plâtrerie (+8 % en 2013, et + 12 % au 4e trimestre 2013), la menuiserie bois et pvc (+ 10 % en 2013, + 21 % au 4e trimestre 2013) ou encore les travaux de couverture par éléments (+ 14 % en 2013, +36 % au 4e trimestre 2013).

D’où vient cette fragilité particulière ? Du côté de l’offre, le secteur dominé par les TPE qui ne cessent de croître (95 %) est fragilisé par la structure de ses entreprises. Au-delà de cet effet taille, le nombre élevé des défaillances illustre aussi les vulnérabilités financières des entreprises du secteur dont le taux de marge et le taux moyen d’autofinancement se sont fortement dégradés. La construction est enfin marquée par des tensions de trésorerie qui fragilisent les structures sous-capitalisées, du fait notamment de l’allongement des délais de paiement. Du côté de leurs débouchés, ces entreprises sont contraintes par une demande en berne, comme le montre l’évolution des permis de construire et le repli récent des prix immobiliers qui influent fortement sur les défaillances.

Peut-on espérer une embellie dans le secteur en 2014 ? Pas vraiment, la Coface anticipe un exercice 2014 tout aussi délicat. Nombre d’indicateurs ne plaident pas en faveur d’une reprise que ce soit dans le neuf ou dans le marché de la rénovation qui ne joue plus son rôle d’amortisseur de crise. Tant le nombre de permis de construire en baisse de 16 % sur 12 mois glissants que le recul des prix immobiliers qui se maintiendra semblent indiquer que les entreprises du secteur continueront de souffrir en 2014. L’écart constaté en 2013 devrait ainsi se creuser davantage, avec à la clé un nombre de défaillances d’entreprises proche de 22.000.

Florence Labbé

9e observatoire COFACE des entreprises sur les défaillances et sauvegardes d’entreprises- Automne 2013. Secteur de la construction: « édification, extension, démolition, restructuration, entretien et rénovation de bâtiments à usage résidentiel ou à usage non-résidentiel », et activité immobilière

Bilan 2013 des défaillances d’entreprises en France du cabinet Altares

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