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Edito de février : pouvoir d’achat

Publié le par dans Rémunération.

Pour les citoyens non avertis, le monde de l’économie apparait parfois déroutant. En effet, il y a seulement quelques mois les spécialistes nous promettaient austérité et rigueur, les Gouvernements étaient invités à maitriser leur déficit budgétaire et le monde du travail était appelé à la modération salariale. Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, les interrogations sont tout autres et les objectifs ont changé. Comment relancer l’économie quand la déflation guette ? Comment doper la consommation ? Comment éviter que la courbe du chômage n’atteigne des sommets ? Comment redonner du pouvoir d’achat aux ménages ? Plus radicalement, comment éviter que notre système ne s’effondre ?

Vous trouverez ci-dessous exposées deux types de solutions bien peu orthodoxes de deux grands économistes. Le plus surprenant réside dans le fait que ces « préconisations » sont sources d’inspiration des autorités monétaires européennes.

Solution n° 1, selon J.M KEYNES, avec une pointe d’ironie, « si le Trésor public remplissait de vieilles bouteilles avec des billets de banque, les enterrait à une profondeur convenable dans des mines désaffectées qu’on remplirait ensuite d’ordures, et s’il laissait aux entreprises privées le soin, selon les principes du laisser-faire, de retrouver ces billets il n’y aurait plus de chômage et les répercussions seraient telles que le revenu réel de la communauté serait sans doute plus élevé qu’il ne l’est actuellement. »

Solution n° 2, selon M. FRIEDMAN, encore plus provocateur, pour relancer la machine économique, il suffirait de larguer par hélicoptères des billets de banque sur la population.

Certes, il est peu probable que nous recevions directement, en complément de notre salaire, un chèque de la Banque Centrale Européenne, mais à travers le mécanisme du Quantitative Easing, cette dernière va inonder virtuellement le marché de liquidité. Dans des termes beaucoup plus compréhensibles, la BCE va faire tourner (fictivement) à plein régime la planche à billets.

Un patron américain suggère une autre piste beaucoup plus conventionnelle: augmenter les salaires. Il dit avoir eu cette « révélation » après avoir lu le dernier ouvrage de l’économiste français T.PIKETTY « Le capitalisme au 21e siècle ». Dans la foulée, le PDG est passé de la théorie à la pratique et il a annoncé une hausse de plus de 10 % des rémunérations les moins élevées.

Cet exemple va-t-il être suivi en France ? En principe, nul n’est prophète en son pays !


Par Philippe LAFONT – Consultant en droit social