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Edito de juillet : la hausse du SMIC à 2 % est-elle un « coup de pouce » ou un « coup de poing ? »

Publié le 02/07/2012 à 22:00, modifié le 11/07/2017 à 16:23 dans Rémunération BTP.

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Il se peut que les informations contenues dans cet article et les liens ne soient plus à jour.

Selon les pistes annoncées il y a quelques semaines par le Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault, le choix d’une hausse du SMIC limitée a donc été privilégié par François Hollande. Compte tenu de l’inflation enregistrée depuis la dernière augmentation du salaire minimum (1,4 %), le coup de pouce réel décidé par le Gouvernement n’est en effet que de 0,6 %.

Très loin des attentes des syndicats, qui espéraient un geste fort de la part du nouveau chef de l’Etat. D’autant que cette hausse, qui pour un salarié sur dix représente un peu moins de 22 euros nets de plus par mois, constitue en grande partie un à?valoir sur la revalorisation automatique du SMIC au 1er janvier prochain.

Du côté des syndicats, qui dénoncent une mesure symbolique, c’est la déception qui domine. La hausse décidée, qualifiée de « symbolique », est en effet jugée très insuffisante par rapport aux attentes et est, pour la plupart des centrales, considérée comme un très mauvais signe adressé aux salariés qui attendaient une mesure plus significative.

Côté patronat, le MEDEF, qui avait multiplié les mises en garde ces dernières semaines, s’est montré rassuré. Ce coup de pouce limitant, selon sa présidente Laurence Parisot, les risques à l’égard de l’emploi. Pour autant, la hausse décidée est loin de convaincre tous les patrons. Du côté des petites et moyennes entreprises, c’est en effet le mécontentement qui prédomine. Pour la CGPME, cette revalorisation du SMIC risque en effet de se traduire par « la destruction de plusieurs dizaines de milliers d’emplois parmi les moins qualifiés ». Selon une analyse publiée récemment, de l’ordre de 30.000 à 50.000 postes.

Des arguments auxquels le Gouvernement est d’autant plus sensible que la facture pour l’Etat sera élevée. Deux raisons à cela : la revalorisation du SMIC va d’abord entraîner automatiquement une revalorisation de la rémunération des 890.000 fonctionnaires dont il est l’employeur. Selon les estimations, une hausse de 2 % représente pour les finances publiques un coût de 600 millions d’euros de salaires en plus.

A cela, s’ajoute l’impact de la hausse du SMIC sur les allègements de charges. Selon un rapport récent de l’inspection des finances, une hausse de 1 % équivaut ainsi à 800 millions d’euros supplémentaires. A multiplier par autant de points supplémentaires accordés. Au total, la facture pour l’Etat devrait donc dépasser le milliard d’euros !

Florence Labbé