Droit du travail & RH

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Edito de juin

Publié le par dans Sanction et discipline.

Si cet éditorial ne comporte pas de titre, ce n’est pas la conséquence d’une étourderie de son auteur et encore moins la résultante d’un oubli de son éditeur. Simplement, parfois, il arrive que face à une situation exceptionnelle nous restions sans voix. Stupéfait. Bouche bée. Cela ne peut se traduire que par une ligne blanche.

En tant qu’observateur attentif depuis de nombreuses années des relations sociales de notre pays, il ne m’avait jamais été donné l’occasion d’assister à une affaire aussi « stupéfiante » que celle que vient de traverser une des plus grandes et des plus prestigieuses entreprises françaises.

Cette affaire d’espionnage industriel ainsi que son dénouement sont aujourd’hui connus de tous.

La lecture de certains passages de la transcription de l’enregistrement de l’entretien préalable à la mise à pied de l’un des salariés mis en cause est purement effrayante.

Tout en sachant que les faits n’existent pas, essayons d’imaginer un instant notre propre réaction à cet échange : « Soit tu me la joues commissaire Moulin et le suspect qui nie tout, soit tu atterris dans plus de discernement. Les actes en question : nous savons qu’il s’agit de corruption. Nous savons que ça concerne des intérêts étrangers concurrents, et probablement en bande organisée et donc, c’est très grave ».

Qu’aurions-nous pensé si lors d’un journal télévisé, à une heure de très grande écoute, à la question posée par un journaliste « est-ce que vous avez des preuves formelles de leur culpabilité » notre employeur réponde « écoutez, nous avons des certitudes ; si nous n’avions pas de certitudes nous n’en serions pas là ».

Une fois la vérité et notre innocence établies, aurions-nous vraiment été soulagés qu’à l’occasion d’une nouvelle prestation télévisuelle et à la question formulée par son interlocuteur « le moins que l’on puisse dire, c’est que vous vous êtes trompés. Quelle conclusion en tirez-vous ce soir ? » le dirigeant de notre entreprise réponde : « nous assumons la situation, la première chose que je voudrais dire, c’est présenter mes excuses personnelles et au nom de l’entreprise ».

Toujours sur le même sujet, il existe un autre enregistrement encore plus édifiant que celui que nous venons de citer précédemment. Il rapporte les termes d’une réunion qui se serait déroulée le 14 février 2011. Des extraits ont été diffusés par une grande chaîne nationale, vous pouvez me croire : les propos échangés par les protagonistes font frémir.


Philippe LAFONT, Consultant en droit social

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