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Edito de novembre : l’apprentissage ne fait plus recette

Publié le par dans Contrat de travail BTP.

L’heure est à la mobilisation générale pour booster l’apprentissage en net recul depuis 18 mois. Afin de relancer la machine, le Gouvernement mise sur des réformes de fond, plutôt que sur un nouveau coup de pouce financier. Mais rien de très concret pour le moment.

Manque d’adaptation de la formation aux besoins des entreprises, exigences réglementaires trop strictes, complexité du circuit, sont autant de blocages à l’origine de la désaffection pour l’apprentissage. Après une baisse de 8% l’an dernier, le nombre d’apprentis est en recul de 14 % sur les 5 premiers mois de l’année.

Sans un sursaut, l’objectif de 500.000 jeunes en alternance en 2017, risque de rester lettre morte. L’heure est donc à la mobilisation au sein de l’exécutif, pour lever les freins à l’apprentissage. Au travers notamment d’une grande campagne lancée le 11 octobre dans les médias. L’enjeu de cette mobilisation est bien réel, car le Gouvernement n’entend pas mettre de nouveau la main à la poche.

Afin de compenser la forte réduction des aides à l’embauche d’apprentis, l’Etat a, il est vrai, débloqué ces derniers mois 300 millions d’euros, dont 150 pour financer la nouvelle prime à l’apprentissage. C’est pourtant encore une fois le levier financier qu’il a choisi d’activer, en élargissant le champ de cette prime et en majorant son montant pour les TPE.

Hormis cette annonce, le bilan des assises de l’apprentissage reste mitigé : beaucoup d’intentions de réformes, mais peu de mesures concrètes.

Parmi les pistes à l’étude, la réduction du décrochage des apprentis reste une priorité. Aujourd’hui, plus d’un jeune sur cinq ne va pas au bout de sa démarche. Pour y remédier, le Gouvernement veut donner aux centres de formation un rôle accru de médiation.

Autre point noir, les contraintes réglementaires, qui constituent un réel frein à l’emploi d’apprentis. Le sujet est sensible, mais l’Elysée veut « lancer la discussion ». Les démarches administratives devraient être simplifiées, notamment les dérogations pour le travail en hauteur ou sur des machines dangereuses, des mineurs.

La rémunération des apprentis sera également étudiée. L’idée serait de ne plus retenir le seul critère de l’âge, mais de tenir compte aussi du niveau de qualification. Il faudra toutefois en passer par la négociation.

Trop compliquées, trop laborieuses : l’Elysée promet enfin de simplifier les démarches administratives liées à l’accueil d’un apprenti, comme le réclament les partenaires sociaux.

Florence Labbé

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