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Edito de septembre : le patronat « vent debout » contre le compte épargne-temps pénibilité

Publié le par dans Contrat de travail BTP.

Après avoir multiplié les annonces sur le sujet pendant l’été, le Gouvernement va être confronté lors de cette rentrée au lancement de son grand chantier sur la réforme des retraites. Un dossier épineux qui suscite déjà nombre de crispations.

Parmi les pistes évoquées au mois d’août, la création d’un compte épargne-temps qui permettrait aux salariés qui occupent un emploi pénible de se reconvertir ou de quitter plus tôt la vie active, comme le suggère le rapport Moreau remis au Premier ministre, début juin.

Le principe en est simple : offrir aux salariés occupant un emploi pénible, la possibilité d’accumuler des points leur permettant d’obtenir, soit des crédits de formation pour se réorienter, soit des trimestres de cotisations gratuits pour partir plus tôt à la retraite, soit encore, de travailler à temps partiel en fin de carrière.

De quoi faire plaisir aux syndicats qui tiennent tout particulièrement à la mise en place de ce compte qui permettrait aux salariés occupant des postes particulièrement éprouvants de ne pas être plus pénalisés que les autres par un allongement de la durée de cotisation ou par un recul de l’âge légal de départ à la retraite.

Le coût de ce dispositif qui devrait concerner un retraité sur quatre, pourrait atteindre 2,1 milliards d’euros en vitesse de croisière, financé en partie par une contribution des entreprises.

D’où la colère du patronat, vent debout devant un tel projet, en raison non seulement de son coût mais aussi de sa complexité. La mesure comporte il est vrai de nombreuses zones d’ombre tenant tant aux critères d’éligibilité à la pénibilité, qu’au nombre de points accordés ou encore à la valeur de chaque point.

Selon le Medef, la mise en place d’un tel compte affecterait un peu plus la compétitivité des entreprises et donc l’emploi. Pour l’organisation patronale, ce volet pénibilité viendrait en outre alourdir à nouveau les contraintes administratives, pourtant déjà considérables, qui pèsent en ce domaine sur les dirigeants des petites entreprises.

Même son de cloche du côté de la CGPME, pour qui ce « compte à points », fonction de la pénibilité estimée à partir d’un barème, s’apparenterait à une véritable usine à gaz d’une complexité administrative rarement atteinte, avec pour premières victimes les TPE/PME.

Florence Labbé

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