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Expériences immersives : les promesses du métavers pour le management de demain

Publié le 18/10/2022 à 08:34, modifié le 25/10/2022 à 15:15 dans Management.

Temps de lecture : 5 min

Gartner, le cabinet américain de conseil en technologie l’affirme : d’ici 2026, 25 % de la population mondiale devrait passer au moins une heure par jour dans le métavers. Les entreprises, conscientes du phénomène, mettent d’ores et déjà les expériences immersives au service de leur marketing... Mais pas que ! Réunions à distance, formation, cocréation ; le métavers pourrait aussi réinventer le management. Tour d’horizon de l’existant et de ce qui nous attend.

Métavers : de la fiction à la réalité

La convergence entre les mondes physique et numérique est née de l’imagination d’un romancier, Neal Stephenson, en 1992. Trente ans plus tard, la réalité a rattrapé la fiction : le métavers est bel et bien installé dans notre société. Il a commencé par investir le monde des loisirs, avec, par exemple, la percée du célèbre jeu « Second Life ». Les entreprises s’en sont également emparées, notamment à des fins de marketing, à l’instar d’Heineken qui a choisi Decentraland pour ouvrir sa nouvelle brasserie, ou de Babybel qui invite des joueurs à combattre un « méchant » dans « Fortnite ». Les partis politiques ne sont pas en reste : l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron avait par exemple installé, au printemps dernier, un QG de campagne sur un terrain de Minecraft. Bref, le virtuel prend de l’ampleur. Charge au monde réel d’en tirer le meilleur parti...

Quand les interactions humaines sont placées au centre du monde virtuel...

Si le métavers n’est pas né de la pandémie – tant s’en faut –, elle l’a indubitablement propulsé et légitimé dans nos vies, comme un outil permettant de se connecter et d’interagir en dépit de la distance. Les habitudes prises pendant la crise sanitaire deviennent pérennes, alors que le travail nomade s’installe et révolutionne les organisations. Ainsi, la plateforme collaborative Teams de Microsoft a su séduire les managers grâce à ses espaces de travail en 3D et ses avatars personnalisés, capables de capter une partie du langage corporel et du langage non verbal. De même, Gather Town, l’espace de travail gamifié, permet aux collaborateurs de conjuguer expérience ludique et productivité. Ils créent leurs avatars et vivent leur « vie de bureau » à distance, en se retrouvant en salle de réunion pour « brainstormer » ou avancer sur les dossiers sans quitter leur canapé ! Une fois la réunion achevée, pourquoi ne pas se diriger vers l’aire de repos, pour partager un café ou prendre des nouvelles d’un collègue ? Lorsqu’un avatar se trouve à portée d’un autre, la vidéo et le microphone des « gens réels » se déclenchent automatiquement, permettant d’interagir – ou pas – selon le besoin... ou l’envie, comme dans la vraie vie !

Formation : les « expériences immersives » battent déjà leur plein

Alors que dans le domaine de la formation, il est tenu pour acquis que nous retenons 10 % de ce que nous lisons, 20 % de ce que nous entendons, 30 % de ce que nous voyons... et 90 % de ce que nous faisons, baser la formation d’un collaborateur sur « l’expérienciel » prend tout son sens. Le faire à distance, dans le cadre d’une expérience immersive, répond aux contraintes géographiques et humaines de l’entreprise. Les salariés dotés de casques de réalité virtuelle sont mis en situation et appelés à réagir dans des situations et des domaines aussi divers que l’hygiène et la sécurité, la gestion de crise, le respect de procédures industrielles ou encore les cycles de vente. L’enseigne Franprix, par exemple, a retenu l’offre de Pitchboy, la start-up française qui mesure les compétences, connaissances et soft skills grâce à des simulations de conversations interactives et immersives. Le nouveau collaborateur Franprix est ainsi plongé, à 360°, dans l’environnement de travail d’un des magasins de l’enseigne, et il est invité à conseiller, orienter, encaisser.... Il s’exprime librement, tandis qu’une voix off artificielle lui fait un feed-back. Les outils d’« Experience on Demand » se multiplient et s’imposent ainsi peu à peu dans les entreprises, signant la fin des parcours de formation classiques. Citons notamment Hololens de Microsoft, Oculus de Méta, VR Hub ou Daydream d’Alphabet.

Et si demain, le recrutement s’opérait entre avatars ?

Pour l’heure, moins présent dans l’univers du recrutement que dans celui de la formation, le métavers devrait pourtant finir par s’y imposer, du moins dans les premières phases. La majeure partie des experts RH défend en effet l’idée que l’humain doit conserver le « final cut » dans un processus de recrutement : « Se rencontrer en chair et en os restera capital pour se jauger et voir si l’envie de travailler ensemble est réelle », affirme ainsi Charlotte Gouiard (responsable RH tech et expérience candidats chez Mazars), dans une interview accordée à Cadremploi. Et d’ajouter cependant : « Le métavers pourrait permettre à nos candidats potentiels de découvrir l’univers de Mazars, qui aura été modélisé, et d’échanger avec nos collaborateurs, via un avatar ». Des solutions immersives sont en effet déjà proposées aux entreprises afin de permettre à leurs candidats de se projeter dans leur univers, d’en appréhender l’ambiance générale et même de s’immerger dans le quotidien qui leur sera proposé. L’entreprise Ubisoft France, par exemple, promeut sa marque employeur en plongeant les candidats au cœur de ses espaces de travail et en valorisant l’environnement créatif et inspirant qu’elle propose. À défaut de s’imposer déjà comme un outil de recrutement, le métavers est donc, à n’en point douter, un outil de captation des talents.

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Valérie Macquet

Conceptrice- rédactrice, conseil en écriture, auteur, biographe, formatrice pour adultes

Après avoir été gérante d’une agence de communication, directrice déléguée d’un hebdomadaire, puis manager commerciale d’une équipe de commerciaux grands comptes, j’en ai eu assez de jongler avec …