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Exposition aux produits chimiques cancérigènes : un risque toujours présent dans le BTP

Publié le par dans Sécurité et santé au travail BTP.

Une étude du ministère du travail parue en septembre 2013 donne les dernières statistiques sur l’exposition aux produits chimiques cancérogènes des salariés. Les chiffres sont toujours très alarmants dans le BTP. Des solutions existent pourtant pour réduire ces risques.

Exposition au risque chimique cancérogène : de nombreuses situations

Les peintures, les vernis, les solvants, les poussières (amiante, silice), les colles, les résines, le gaz sont autant d’expositions aux agents chimiques dangereux. Les produits font l’objet d’un étiquetage précis et règlementé. Si beaucoup de situations impliquent la mise en place de protections individuelles ou collectives, la prévention doit rester la priorité.

Le secteur du BTP est particulièrement concerné par ce risque avec  32 % de salariés exposés aux produits chimiques en 2010 (dont 5 % sont multi-exposés).

   
Les salariés exposés sont en majorité des hommes, des salariés de moins de 30 ans et des salariés des petits établissements.

Dans le BTP, on recense en effet de nombreux facteurs aggravants liés à l’absence de précautions (équipements de protection), aux situations de co-activité d’entreprises sur chantier et aux conditions climatiques lors de l’application du produit (chaleur, froid, vent notamment).

Or les produits chimiques cancérogènes peuvent provoquer des effets plus ou moins graves sur la santé en cas de contact unique ou répété avec la peau, par inhalation ou par ingestion.
Ces effets peuvent être aigus, comme des irritations, brûlures, troubles de conscience et parfois même conduire au décès. Ils peuvent entraîner des troubles chroniques sur les organes vitaux (foie, reins, sang, poumons, système nerveux) des allergies (eczéma, asthme, sinusites), des troubles pulmonaires et favoriser le développement de certains cancers mortels.

Exposition au risque chimique cancérogène : les solutions

L’accent doit être porté sur la prévention

L’alarme a sonné : dans le BTP, 57 % des salariés exposés à au moins un produit chimique cancérogène n’ont aucune protection collective pour au moins un produit. Dans le domaine de la maintenance, pour 37 % des salariés, les médecins enquêteurs ne signalent pas de protection collective.

   
Les protections individuelles mises à la disposition des salariés dans les entreprises sont : des protections respiratoires dans 31 % des cas d’exposition, des protections cutanées dans 43 % des cas et des protections oculaires dans 26 % des cas. Les données ne permettent cependant pas de savoir si ces protections sont réellement adaptées ni si elles sont effectivement utilisées par les salariés.

Il est essentiel de faire l’inventaire de tous les agents chimiques dangereux utilisés dans l’entreprise et d’identifier les risques de chacun d’eux sur les salariés (fréquence d’utilisation, impacts physiques) en vous repérant sur l’étiquetage des produits.

   
Beaucoup de fabricants pourront vous transmettre la fiche de données de sécurité. Cela pourra vous aider à mettre en place des mesures de protection adaptées.

Ces éléments devront ainsi être portés dans votre document unique d’évaluation des risques professionnels obligatoires.
Pour tout savoir sur les éléments à insérer à ce document, les Editions Tissot vous proposent leur documentation « Evaluation des risques professionnels dans le BTP et Document Unique dans le BTP ».

Les partenaires de la sécurité : pensez-y !

Pour vous aider à évaluer les risques professionnels dans ce domaine et assurer la sécurité de vos  salariés, vous pourrez compter sur l’aide du médecin du travail, des conseillers de prévention de l’OPPBTP mais également des services de prévention des caisses de Sécurité sociale.

La mesure la plus efficace à privilégier reste la suppression du risque par la substitution de l’agent dangereux (par des produits non/moins dangereux, modification de la pratique de travail).

Lorsque ces mesures de substitution ne sont pas possibles, les équipements de protection individuelle (EPI) ou collective (EPC) seront indispensables :

  • EPI : appareil de protection respiratoire, gants, lunettes, masques, écran facial, vêtement de protection, etc. ;
  • EPC : système clos, ventilation et assainissement de l’air, encoffrement, mécanisation, etc.

Retrouvez l’étude complète du ministère du Travail en téléchargeant le document suivant :

Charlène Martin


DARES Analyses, septembre 2013, n° 054 (les expositions aux produits chimiques cancérogènes en 2010)

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