Droit du travail & RH

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L’édito d’octobre : MONEY, MONEY

Publié le par dans Rémunération.

Depuis le slogan « travailler plus pour gagner plus » le pouvoir d’achat des français semble être de plus en plus au centre des préoccupations de nos dirigeants mais aussi de chacun d’entre nous. Le problème réside dans le fait que la crise économique a accéléré l’impression grandissante d’insécurité sociale et qu’elle a fait apparaître le spectre du déclassement social.

Aujourd’hui, la baisse du pouvoir d’achat est vécue comme un indicateur d’une éventuelle « descente aux enfers ». Les français ne sont pas devenus des obsédés du porte-monnaie, ils sont simplement très inquiets pour leur avenir. A ce titre, trois publications récentes nous renseignent sur la réalité de nos salaires et autres pensions.

La première est une étude conduite par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), publiée en juin 2010, sur les salaires dans les entreprises en 2008. Il en ressort que :

  • le salaire moyen d’un salarié à temps complet du secteur privé et semi-public est de 2.753 euros brut (2.069 euros net de tout prélèvement à la source) ;
  • le salaire médian (salaire tel que la moitié des salariés de la population considérée gagne moins et l’autre moitié gagne plus) s’élève à 1.655 euros.

La deuxième est un document qui émane de la Direction de la recherche des études de l’évaluation et des statistiques (DREES) qui est parue en avril 2010 et qui avait pour objet les retraites en 2008. Il en ressort que :

  • la pension moyenne des français à la retraite est égale à 1.122 euros (825 euros mensuel pour les femmes et 1.426 euros pour les hommes).

La dernière provient de la toute récente enquête annuelle de L’Association pour l’emploi des cadres (APEC) sur l’évolution de la rémunération des cadres. Il en ressort que pour l’année 2009 :

  • la rémunération mensuelle brute des cadres est de 4.400 euros et que le salaire médian s’établit à 3.900 euros.

En pleine réforme, le caractère modeste du chiffre des pensions moyennes versées aux retraités français n’échappera à personne.

L’inquiétude actuelle des salariés apparaît objectivement justifiée notamment pour les jeunes générations. Le plus paradoxal, c’est qu’entre 2005 et 2008, la proportion des nouveaux retraités surcotant est passé de 4 à 9 % dans le même temps le nombre de retraités décotants est passé de 5 à 6 %.

Au regard des nouvelles mesures, il est évident que la « tendance surcote » va chuter au profit de la « tendance décote » qui va immanquablement s’accélérer.

Philippe Lafont, consultant en droit social

Les Éditions Tissot vous proposent de télécharger gratuitement un dossier regroupant les articles publiés en 2010 sur la réforme des retraites.

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