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L’humour, outil managérial ?

Publié le par dans Management.

Un bon fou rire vaut un steak, l’humour est un outil de séduction massif, un sourire éclaire une journée, le rire est un antidépresseur … L’humour et la bonne humeur seraient donc des remèdes à bien des tracas du quotidien ! Mais qu’en est-il dans la sphère professionnelle ? Le boss peut-il se risquer à l’humour ? Est-ce bon pour le business ? Certainement ; mais pas s’il est manié n’importe comment…

Quand le boss fait de l’humour : avantages… et limites

On n’est pas au boulot pour rigoler ! Certes, et peut-être est-ce pour cela qu’en règle générale l’aptitude à manier l’humour n’est pas prioritaire dans les compétences comportementales managériales les plus recherchées par les RH.

Et pourtant…C’est bel et bien une qualité, qui, utilisée avec brio, influe positivement sur les relations interpersonnelles et peut avoir un impact fort sur l’ambiance, l’engagement, et, pourquoi pas, in fine, la performance de l’équipe.

Mais attention, comme toute chose, l’humour a les défauts de ses qualités. Ainsi, il peut être bénéfique, tout comme il peut générer des effets pervers s’il n’est pas utilisé avec le talent requis.

À titre d’exemples…

Effet bonus

Mais…

Effet pervers

L’humour détend une atmosphère tendue, resserre les liens et favorise la cohésion.

S’il est utilisé à trop forte dose ou de manière inappropriée…

… il peut perturber le travail et la productivité.

L’humour associé à la créativité peut libérer les énergies positives et favoriser les idées novatrices.

S’il fait trop sortir du « cadre »…

… il peut nuire aux process et devenir contre-productif.

L’humour peut dédramatiser des situations telles que, par exemple, une restructuration ou un chantier de conduite du changement.

S’il véhicule trop de légèreté par rapport à une situation donnée…

… il peut donner l’impression que le manager veut minimiser une situation. Ou encore, qu’impuissant face à une conjoncture non maîtrisée, il la gère par défaut en utilisant l’humour.

L’humour désamorce des tensions internes entre collaborateurs.

S’il se base sur l’ironie ou se fait au détriment d’un(e) collègue…

… il blesse la personne visée, génère de la frustration ou fait planer un sentiment général de malaise.

L’humour du manager favorise sa propre intégration.

S’il est utilisé à mauvais escient ou sans finesse…

… il discrédite le manager et produit l’effet inverse de celui escompté.

Les règles d’or à respecter…

Un manager est avant tout un meneur d’hommes. Son rôle est de les guider et les épauler dans l’atteinte des objectifs et non d’effectuer un one man show ! Ainsi, le recours à l’humour ne doit pas être mis au service de son succès personnel, mais doit contribuer à la réussite collective. Pour ce faire, le manager doit effectuer un numéro d’équilibriste parfois délicat : tout en restant lui-même, il doit savoir moduler ses traits d’humour pour s’adapter au contexte et aux personnalités qui l’entourent. Car tout le monde n'est pas réceptif au même style d'humour. Ce qui, pour certains, sera amusant, pourra en choquer ou blesser d’autres. Or, comme dans tout ce qu’il entreprend, le manager doit rester inclusif et consensuel. S’il souhaite utiliser son humour en tant qu’outil de leadership ou de management, ce dernier se doit donc d’être :

  • ni trop subtil ni trop décalé pour être accessible à tous ;
  • toujours bienveillant : ne pas confondre humour et ironie ;
  • authentique : ne pas chercher à devenir « l’amuseur public » ;
  • utilisé avec parcimonie et à bon escient : il en va de la crédibilité et de la légitimité du manager ;
  • partagé : le manager doit être capable de faire appel à l’autodérision mais aussi d’accueillir les notes d’humour de ses collaborateurs en retour ;
  • modulé : implicitement, le manager invite ses collaborateurs à respecter les mêmes règles que celles qu’il s’impose à lui-même.

En conclusion, notons que l’humour est sans conteste un outil de management efficace. C’est l’une des qualités qui, faisant appel à l’intelligence émotionnelle, sont appelées à monter en puissance en entreprise. Ainsi, plus un manager sera capable d’empathie, plus il sera sensible à l’état psychologique de ses collaborateurs, et donc conscient des effets de ses bons mots. Il saura alors parfaitement pratiquer l’humour et en détecter les limites.