Droit du travail & RH

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La discrimination au travail vue par les salariés

Publié le par dans Embauche.

Pour la 3e année consécutive, la HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) et l’OIT (Organisation internationale du travail) publient les résultats d’une enquête portant sur le ressenti des salariés vis-à-vis des situations de discrimination au travail.

La discrimination au travail vue par les salariés (03/02/2010)Le 1er baromètre de ce type réalisé par la HALDE et l’OIT a été publié en 2008 ; il s’agit donc de sa 3e édition.

Il porte sur le ressenti des salariés face à la discrimination au travail, sur les types et la fréquence des discriminations et sur les interlocuteurs auxquels les salariés font appel lorsqu’ils sont confrontés à une telle situation.

36 % des salariés du secteur privé déclarent avoir subi une discrimination (contre 28 % en 2009).

Les motifs de discrimination les plus cités sont :

  • l’origine (32 %) ;
  • la grossesse et la maternité (31 %) ;
  • l’âge (30 %) ;
  • l’apparence physique (28 %) ;
  • et le sexe (26 %).
Cette enquête a été réalisée auprès de 1.007 personnes, aussi bien salariés du privé qu’agents de la fonction publique.

De même, un nombre croissant de salariés disent avoir été témoins d’une discrimination : 42 %, contre 38 % en 2009.

Les auteurs de discriminations sont avant tout la direction et le supérieur hiérarchique direct.

Mais l’autocensure progresse : face à une discrimination, 40 % des salariés n’ont rien dit (contre 32 % lors de la précédente étude).

Les raisons de ce silence proviennent surtout :

  • d’un fort sentiment de résignation : pour 55 % des victimes, « cela n’aurait rien changé » ;
  • d’une crainte de représailles ou d’aggraver la situation, pour 28 % des victimes ;
  • du sentiment d’être totalement démunis face à la situation, pour 28 %.


A qui s’adresser ?

Face à une situation de discrimination, les salariés sont :

  • 34 % à en parler à la direction ou à l’encadrement direct ;
  • 27 % à alerter les représentants du personnel ou un syndicat ;
  • 10 % à faire appel à des recours externes, notamment contentieux (dépôt de plainte, par exemple).


Le rôle de soutien des syndicats et des représentants du personnel (délégués du personnel, comité d’entreprise, comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail – CHSCT) se confirme : pour 68 % des salariés du privé, le recours à ces instances est considéré comme le niveau d’intervention le plus efficace.

52 % des salariés pensent également qu’il faut d’abord en parler à ces instances avant toute autre solution.

Les pistes d’action plébiscitées

Parmi les actions jugées efficaces pour lutter contre les discriminations, deux mesures sont majoritairement plébiscitées :

  • le fait d’interroger régulièrement les salariés sur leurs ressentis, sur la base du volontariat et de l’anonymat ;
  • le fait de sanctionner les entreprises qui n’ont pas pris de mesures en faveur de l’égalité.


Par ailleurs, dans le cadre de l’égalité hommes-femmes, les salariés sont majoritairement favorables à l’instauration d’un quota de 40 % de femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises et des sociétés cotées en bourse.


A. Ninucci


(Perception des discriminations au travail : regard croisé salariés du privé et agents de la fonction publique – Baromètre CSA pour la HALDE et l’OIT –janvier 2010)


Pour plus de précisions sur la notion de discrimination et les obligations des entreprises en la matière, les Éditions Tissot vous proposent leur ouvrage « Tissot Social Entreprise » et leurs formations en droit du travail.

Article publié le 3 février 2010

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