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Les congés payés ne coûtent pas plus cher dans le BTP

Publié le par dans Congé, absence et maladie BTP.

« Dans le BTP, les congés payés des salariés coûtent plus cher ». Quelle entreprise n’a pas déjà entendu cette affirmation ? Pourtant, un calcul effectué à partir d’éléments comparables fait apparaître que le coût du régime particulier de gestion et de paiement des congés payés dans le BTP n’est pas plus élevé, voire finalement moindre. Nos explications.

Le coût des congés payés du BTP est comparable à celui du régime général

Les entreprises du BTP ont trop souvent tendance à considérer que les congés payés de leurs salariés leur coûtent plus cher que dans le régime général.

Ce coût peut sembler plus élevé en apparence, si l’on compare le taux moyen de cotisation aux caisses de congés payés (19,94 %) à celui qui vaut dans le régime général, soit 10 % de taux légal, auquel s’ajoute le montant des charges patronales, de l’ordre de 4 % environ.

Reste que, pour être exact, ce calcul doit prendre en compte des éléments comparables.

Le coût des congés payés dans le BTP inclut en effet des avantages spécifiques qui sont accordés aux salariés par les conventions collectives nationales de la branche :

  • une prime spécifique de vacances de 30 %, qui représente 3,6 % de cotisation ;
  • des congés d’ancienneté et de fractionnement, dont le coût respectif est de 0,47 % et de 0,43 %.

Si on neutralise le coût induit par ces avantages spécifiques, le régime géré par les caisses de congés payés du BTP est quasiment comparable à celui applicable dans les autres secteurs.

Hors prime de vacances, ce coût est en effet ramené à 16,34 % Et après neutralisation des congés d’ancienneté et de fractionnement, il se situe à 15,44 %.

A cela, s’ajoute le fait que les entreprises du BTP cotisent sur 10,84 mois et non sur 12 mois. La prise en compte de cette dernière particularité ramène ainsi le taux de cotisation de l’entreprise à 13,94 %, charges patronales incluses.

En clair, le financement des congés de vos salariés par le biais des cotisations versées à la Caisse ne vous coûte pas plus cher que celui qui prévaudrait dans le cadre du régime général.

A cela s’ajoute le fait qu’avec 1,47 %, le réseau des caisses congés du BTP a l’un des rapports les plus faibles entre les frais de gestion (1,40 %) et les cotisations collectées.

Un régime qui verse davantage de cotisations qu’il n’en reçoit

Autre idée reçue : les caisses de congés payés priveraient l’entreprise d’une part importante de sa trésorerie.

Deux types d’arguments démentent cette affirmation.

D’une part, les cotisations ne sont pas appelées par la caisse en une seule fois, mais tous les mois ou tous les trimestres selon le cas, et au fur et à mesure de l’acquisition des droits à congés des salariés. Le décalage dans le temps entre le versement des cotisations et le paiement des congés payés est donc négligeable.

D’autre part, ces cotisations correspondent à des sommes que l’entreprise devrait de toute manière provisionner, afin d’assurer, le moment venu, le paiement à ses salariés des indemnités de congés payés.

Les cotisations versées aux caisses sont en outre placées. Et c’est notamment grâce au rendement de ces placements financiers que les caisses de congés peuvent assumer l’ensemble de leurs obligations financières. Compte tenu des avantages spécifiques accordés aux salariés, les sommes qu’elles versent (paiement des congés et des charges) sont en effet supérieures aux cotisations qu’elles perçoivent des entreprises.

Saviez-vous que les caisses de congés payés ne s’occupent pas que des congés payés ? Pour plus d’informations, téléchargez notre dossier gratuit :

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Florence Labbé

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