Droit du travail & RH

Management…profiter du confinement pour former les salariés

Publié le par dans Management.

D’après le ministère du Travail, 9,6 millions de personnes sont au chômage partiel. Ce chiffre ne fait pas l’affaire des entreprises, c’est certain. Cependant, cela peut aussi représenter une opportunité : pourquoi ne pas mettre cette oisiveté forcée à profit pour former des collaborateurs ? Le e-learning est en effet à présent très largement démocratisé, et il se trouve que de nouvelles dispositions en optimisent l’aspect financier. Au cœur de ce chaos professionnel, tentons de voir, en termes de formation, le verre à moitié plein…

Chômage partiel et formation, quel cadre juridique ?

Dès le 17 juin 2013, le Code du travail indiquait d’ores et déjà, à travers l’article L. 5122-2 que « les salariés placés en activité partielle peuvent bénéficier, pendant les périodes où ils ne sont pas en activité, de l'ensemble des actions et de la formation mentionnées aux articles L. 6313-1 et L. 6314-1, réalisées notamment dans le cadre du plan de formation ». Ceci impliquait qu’avant le début du confinement, lié à la crise du Coronavirus, les salariés placés en activité partielle pouvaient bénéficier, pendant les heures de chômage technique, de toutes les actions de formation relevant du plan de formation ou du plan de développement de compétences mis en place par leur entreprise. Par ailleurs, l’article R. 5122-18 précisait qu’un salarié qui suivrait une formation pendant les heures non travaillées et dans le cadre du statut de chômage partiel serait rémunéré, ce qui représentait un avantage à assurer les formations durant les périodes de chômage partiel.

Dans la foulée du confinement, le Gouvernement a promulgué de nouveaux textes, rendant plus incitatif encore le processus de formation professionnelle pour les salariés placés en situation de chômage partiel ou d’activité partielle. L’État s’engage en effet à présent à prendre en charge, en plus de l’indemnité d’activité partielle (70 % de la rémunération brute, soit environ 84 % du net), 100 % du coût pédagogique de ces formations sous certaines conditions.

Le e-learning, outil particulièrement adapté au confinement

Né dans les années 1990, le e-learning se définit comme une méthode d’apprentissage en ligne. Par opposition au « présentiel », le e-learning fonctionne à distance à l’aide d’une connexion Internet et d’un support : ordinateur, tablette ou smartphone. Ce qui était au départ réservé à une clientèle férue de technologie est devenu accessible au plus grand nombre au même rythme que la digitalisation s’accentue dans les foyers.

Le e-learning s’impose donc logiquement dans le monde entier, offrant aux apprenants la possibilité d’être suivis n’importe où, n’importe quand et depuis n’importe quel support, sans aucune contrainte d’emploi du temps. Les formations en ligne sont généralement accessibles tous les jours et 24 h/24, ce qui permet au formé d’avoir accès à son cours quand il le souhaite. Le e-learning permet également d’avancer à son rythme selon son niveau, et en toute autonomie. Pour autant, l’évaluation n’est pas occultée : les modalités pédagogiques électroniques offrent des possibilités de reporting détaillées et quasiment en temps réel.

L’entreprise peut ainsi suivre de manière précise le nombre d’apprenants connectés, la durée des formations, les taux et moments d’éventuels abandons, et, bien sûr, les progressions de chacun.

L’apprenant, quant à lui, a accès à l’évaluation de ses savoirs initiaux et au détail de ses acquisitions de savoirs à l’issue de la formation.

Les organismes de formation s’adaptent bien sûr à la situation de confinement en multipliant leurs offres, autorisant même ce secteur à plutôt bien tirer son épingle du jeu durant cette terrible crise.

Les multiples thématiques et méthodes permettent en effet aux entreprises de ne pas mettre entre parenthèses leurs plans de développement des compétences.

La prise en charge des coûts pédagogiques par l’État devrait encore accentuer le phénomène. De nombreux managers avaient en effet pleinement conscience des besoins de certains de leurs collaborateurs mais avaient tendance à surseoir pour ne pas se priver de ressources sur le terrain. La prise en charge des frais, conjuguée à la disponibilité de circonstance, représente donc une vraie opportunité. C’est une occasion de remettre des compétences à niveau, voire d’offrir aux salariés d’en acquérir de nouvelles, optimisant ainsi, un tant soit peu, le retour à l’activité…