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Mesures pour l’emploi des jeunes : de la carotte au bâton

Publié le par dans Embauche BTP.

Le Gouvernement a annoncé des mesures supplémentaires en faveur de l’emploi des jeunes, en présentant des objectifs chiffrés ambitieux. Passons en revue les différents leviers envisagés pour faciliter leur accès à l’emploi.

Les mesures de relance de l’emploi des jeunes annoncées le 1er mars dernier par le Président de la République, mettent en musique des thèmes déjà connus. De la carotte au bâton, tout est tenté pour booster l’embauche de jeunes en alternance :

  • mise en place d’un malus pour les grandes entreprises ;
  • exonération de charges pour les PME ;
  • création de mesures pour favoriser l’apprentissage ;
  • relance pour 6 mois du dispositif « zéro charge » pour toute nouvelle embauche d’un jeune.

Notez que vous pouvez d’ores et déjà bénéficier d’aides en cas d’embauche d’un apprenti, sous la forme d’une exonération de charges sociales et d’un crédit d’impôt. Vous pouvez obtenir toutes les précisions sur le régime dans l’ouvrage « Aides financières pour les entreprises du BTP » des Editions Tissot. Nous vous proposons également de télécharger le document cerfa utilisé pour tout contrat d’apprentissage.



S’inspirant des prouesses allemandes en matière d’emploi des jeunes, le Gouvernement table sur l’embauche de 135.000 jeunes de plus en alternance en un an, avec l’objectif de porter à 800.000 le nombre de ces contrats dans les 3 ans à venir.

Pour autant, ces annonces ne satisfont pas totalement le Medef. La mesure de malus envisagé pour les entreprises de plus de 250 salariés n’est en particulier pas du goût du patronat, qui « regrette le relèvement des quotas assorti de sanctions financières, même si le lissage de ces sanctions corrige certaines injustices ».

Il est vrai que l’étau se resserre sur ces entreprises qui devront compter, 4 % au lieu de 3 % de jeunes en formation dans leurs effectifs.

En échange, les sanctions qu’elles encourront en cas de manquement seront toutefois modulées et modérées : les employeurs les plus vertueux empochant même un « bonus » de 400 euros par contrat.

Du côté des syndicats, le système de bonus/malus envisagé ne semble guère convaincre d’avantage. Si l’objectif de 4 % semble être une première réponse conjoncturelle jugée plutôt positive, les différentes centrales doutent qu’il améliore le recours à l’alternance.

Toutes sont unanimes pour mettre l’accent sur l’échec de ce type de politique, qui a déjà montré son inefficacité pour l’emploi des personnes handicapées et des seniors, et pour l’égalité salariale hommes/femmes.

La CFDT réclame à cet effet qu’un engagement au niveau de chaque branche professionnelle, chiffre par entreprise, le nombre de contrats en alternance devant être conclu.

L’interrogation la plus forte porte toutefois sur le financement de ce plan. Si les ressources mobilisées devaient provenir des fonds récupérés du Fonds d’investissement social (Fiso), cela prouverait pour les syndicats, le manque réel de moyens accordés.

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