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Millenials – Boomers, le défi du management intergénérationnel

Publié le par dans Management.

« OK Boomers ! » Ces mots sont devenus en quelques semaines une expression virale qui a fait le tour de la planète sur les réseaux sociaux, et qui, selon le New York Times, aurait signé « la fin des relations amicales entre les générations »… Parle-t-on d’un simple buzz ou d’un vrai fossé générationnel qui pourrait impacter le monde du travail ?

Boomers, millenials… Mais au fait, qui sont-ils ?

Les millenials, ou membres de la génération X et Y, regroupent l'ensemble des personnes nées depuis le début des années 80. Boomers est le terme qu’ils utilisent pour désigner leurs aînés, jusqu’à présent appelés par les sociologues baby-boomers, ces personnes nées pendant la période du baby-boom (après la Seconde Guerre mondiale), globalement entre 1946 et 1964.

Le terme boomer s’est empreint d’une connotation un peu péjorative après qu’une jeune députée néo-zélandaise écologiste de 25 ans, Chlöe Swarbrick, eut lancé un cinglant « OK Boomer! » à un collègue plus âgé qui l’avait interrompue lors d’un débat au Parlement sur le réchauffement climatique. Traduction approximative en français : « C’est ça, vieux schnock ! ».

Reprise en boucle sur les réseaux sociaux, l’expression n’est bien sûr pas le reflet d’un conflit générationnel, mais elle marque bien un fossé : globalement, les millenials reprochent à leurs aînés d’avoir surprofité de la croissance, consommé sans vergogne et dévasté la planète. Ils les invitent donc à se remettre en question, réfutent leur modèle social… et leurs conseils.

Un fossé générationnel qui impacte les relations en entreprise ?

Il est bien sûr un peu simpliste de scinder le monde du travail entre « l’ancienne génération » et la « nouvelle » ! Fort heureusement, il est avant tout composé de talents de tous âges et de multiples personnalités.

Pour autant, les boomers et les millenials présentent quand même quelques particularités à prendre en compte lorsque l’on compose ou manage une équipe. Focus sur ce qui - assez schématiquement - les différencie, et sur ce qui, peut-être, est de nature à les opposer :

  • les boomers : ceux qui sont encore actifs, ont bénéficié d’une entrée dans la vie active plutôt facilitée en dépit des crises économiques qui se sont succédées. Ils ont connu la Guerre froide, la télé en noir et blanc, les débuts d’Internet et l’avènement du numérique. Ils sont compétiteurs. Ils font des plans de carrière mais peuvent envisager de dédier leur vie professionnelle à une même entreprise. Ils se sentent légitimés par leur expérience et leurs bagages techniques. Ils attendent de leur manager respect, reconnaissance et soutien ;
  • les millenials : on en compte plus de 13 millions en France, ce qui fait d’eux une force vive en entreprise. L’indépendance est leur marque de fabrique. Ils revendiquent bien-être au travail et liberté d’action. Enfants de l’ère numérique, ils adoubent les nouvelles technologies et sont d’une grande adaptabilité. En entreprise, ils s’expriment, créent, proposent et sont mobiles. Leur monde du travail est fait de start-up, de micro-entrepreneurs, de reconversions, de changements de trajectoires. Ils attendent de leurs managers transparence et autonomie.

Comment faire travailler ensemble ces différents profils ?

Leurs différences de point de vue n’empêchent pas les boomers et les millenials de travailler ensemble, mais impliquent la prise en compte d’un management intergénérationnel efficace qui passe par :

  • la compréhension des caractéristiques des différentes générations qui composent l’équipe, et donc une adaptation à leurs attentes respectives : par exemple, plus de responsabilités et de reconnaissance pour les boomers. Plus de flexibilité (sur les horaires, les méthodes de travail…) et d’autonomie pour les millenials ;
  • l’anticipation et la gestion des sources de tension. L’intelligence émotionnelle et les talents de communicant du manager doivent lui permettre d’harmoniser les relations. La mise en place, par exemple, de groupes de travail mixtes où le lead est donné en binôme à des représentants de chaque génération. Ces co-leaders doivent être choisis pour leurs facultés à travailler ensemble intelligemment et à distiller des messages positifs.
    Des moments de convivialité informels réunissant les générations contribuent aussi à davantage de cohésion ;
  • la motivation et la dynamisation de l’équipe multigénérationnelle. Cela passe par l’identification et l’activation des leviers de motivation qui leur sont propres : peut-être plus de recherche de sens chez les millenials, plus de reconnaissance chez les boomers… Le manager doit aussi savoir mobiliser et valoriser leurs points forts respectifs.

En conclusion, on peut parier sur l’aptitude des managers non seulement à faire travailler ensemble ces deux générations, mais même à en tirer le meilleur parti en faisant efficacement coopérer expertise et créativité… De véritables dream teams intergénérationnelles au sein desquelles boomers et millenials s’enrichissent mutuellement.

D’ores et déjà, les aspirations fortes des millenials en termes de bien-être au travail, de santé mentale et d’éthique représentent un moteur et font bouger des lignes. Des politiques RSE volontaristes par exemple, qui, en répondant parfaitement aux besoins des millenials, sont – in fine – bénéfiques pour tous, toutes générations confondues.