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Pénibilité dans le BTP : ce que disent les chiffres

Publié le par dans Sécurité et santé au travail BTP.

A l’aube de la mise en oeuvre du compte personnel de prévention de la pénibilité instauré par la loi du 20 janvier 2014, la DARES publie les résultats d’une enquête sur l’exposition des salariés aux facteurs de pénibilité dans le travail. Le secteur du BTP et de la Construction figure largement en tête des sondages.

Exposition à la pénibilité : les ouvriers du BTP en ligne de mire

Selon le rapport de la DARES, les ouvriers sont les plus exposés à la pénibilité. 70 % des ouvriers non qualifiés et 69 % des ouvriers qualifiés sont ainsi exposés à au moins un facteur de pénibilité. Parmi ces mêmes catégories, ils sont 27 % et 25 % à être exposés à au moins 3 facteurs d’exposition.

Ce rapport vise notamment à permettre un repérage des salariés exposés sans toutefois s’appuyer sur l’ensemble des critères légaux d’appréciation et notamment sur la durée d’exposition.
En effet, la loi envisage de manière annuelle l’exposition aux facteurs de pénibilité alors que la DARES tire ces chiffres sur une semaine de travail.

Le rapport indique enfin que dans le secteur de la Construction, 66 % des salariés sont exposés à une pénibilité au travail.

La Construction rassemble ainsi 21 % des salariés exposés aux manutentions manuelles de charges lourdes, 35 % exposés aux vibrations mécaniques ou encore 32 % aux bruits nocifs.

46 % des hommes contre 31 % des femmes sont exposés à des facteurs de pénibilité au travail. Bien que le secteur du BTP compte de plus en plus de femmes, il reste encore largement représenté par les hommes.

La mise en place du compte personnel de prévention de la pénibilité

Il faut rappeler qu’à compter du 1er janvier 2015, 4 critères sur 10 commenceront à être pris en compte pour la prévention de la pénibilité au travail :

  • le travail de nuit (au moins 120 nuits par an) ;
  • le travail en équipes successives alternantes (au moins 50 nuits par an) ;
  • le travail répétitif (au moins 900 heures par an) ;
  • les activités exercées en milieu hyperbare (au moins 60 interventions ou travaux par an).

Ces critères ne concernent pas majoritairement le secteur du BTP mais plutôt l’industrie (7% des salariés concernés par le travail en équipes successives), le transport (14% des salariés exposés au travail de nuit) ou encore l’agriculture (21% des salariés concernés par le travail répétitif).

Cependant, au 1er janvier 2016, 6 autres critères viendront s’ajouter  et concerneront plus spécifiquement le BTP :

  • la manutention manuelle de charges (au moins 600 heures par an ou 120 jours) ;
  • les postures pénibles (au moins 900 heures par an) ;
  • les vibrations mécaniques (450 heures par an) ;
  • les agents chimiques dangereux ;
  • les températures extrêmes (au moins 900 heures par an) ;
  • le bruit (600 heures par an ou 120 fois).

Vous pouvez télécharger le dossier complet des Editions Tissot sur la réforme de la pénibilité ici :

Le rapport démontre enfin les impacts de ces facteurs de pénibilité sur la santé notamment en mettant en évidence que les salariés exposés ont eu au moins un arrêt de travail pour maladie au cours de 12 mois précédents. Il est constaté une hausse de 3 %  à 5 % des arrêts de travail pour ces salariés par rapport à des salariés non exposés.

Une augmentation de 5 à 14 % des accidents du travail est également recensée pour ces salariés exposés.

Parmi les salariés de plus de 55 ans, près de 17 % sont exposés 3 facteurs de pénibilité au moins. Un chiffre qui explique certainement la réforme mise en place.


Pour vous aider à faire face à vos obligations en matière de pénibilité, les Editions Tissot vous conseillent leur « formation pénibilité au travail : évaluer et mettre en place un plan de prévention ».

Charlène Martin

DARES Analyses, décembre 2014, n° 95 (l’exposition des salariés aux facteurs de pénibilité dans le travail)

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