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Pénibilité : plusieurs facteurs de risques concernant le BTP ne sont plus à déclarer

Publié le par dans Sécurité et santé au travail BTP.

L’une des ordonnances Macron réformant le Code du travail est consacrée à la pénibilité. Elle refond le compte pénibilité qu’elle nomme désormais compte professionnel de prévention. Parmi les changements importants à signaler : 4 facteurs de risques intéressant le BTP n’ont plus à être déclarés et ne sont plus pris en compte pour l’acquisition de points sur le compte. Les cotisations pénibilité vont également être supprimées !

Pénibilité dans le BTP : les principaux changements

Une obligation déclarative restreinte

Vous devez déclarer les facteurs d’exposition de vos salariés à la pénibilité. Jusqu’à présent, cette déclaration portait sur les 10 facteurs d’exposition existants.

L’ordonnance n’impose plus la déclaration des facteurs relatifs aux contraintes physiques (manutentions manuelles de charges, postures pénibles et vibrations mécaniques). Elle n’impose plus non plus la déclaration des agents chimiques dangereux, la mesure de l’exposition de ces facteurs ayant été jugée trop complexe.

Or tous ces critères concernent les entreprises du BTP.

Important : Ces 4 facteurs de risque ne sont ainsi plus pris en compte pour déterminer les points au compte pénibilité mais ils pourront toutefois être considérés lors d’une demande de départ anticipé à la retraite.

Du C3P AU C2P

Le compte personnel de prévention de la pénibilité est rebaptisé compte professionnel de prévention.
A partir du 1er janvier 2018, sa gestion est assurée par la CNAM et non plus par la CNAV. La CNAM peut déléguer par convention ses fonctions.

Des accords en faveur de la prévention

Actuellement les entreprises d’au moins 50 salariés ou appartenant à un groupe de cette taille, employant une proportion minimale (50 % pour le moment) de salariés exposés aux 10 facteurs de risques au-delà de certains seuils, doivent être couvertes par un accord ou un plan d’action établi après avis du CE ou à défaut des DP sur la prévention de la pénibilité. En-dessous de 300 salariés, elles peuvent aussi être couvertes par un accord de branche étendu conforme à un décret.

Justement, un accord de branche national sur la pénibilité existe dans le BTP et soustrait les entreprises de moins de 300 salariés de toute obligation d'accord d'entreprise ou de plan d'action interne.

L’ordonnance prévoit, à partir du 1er janvier 2019, la négociation d’un accord « sur la prévention des effets de l’exposition des facteurs de risques professionnels ». Cet accord concernera toujours les 10 facteurs existants. Sa négociation devra se faire :

  • soit lorsqu’est employée une proportion minimale de salariés exposés, fixée par décret ;
  • soit – nouveauté - lorsque la sinistralité au titre des AT-MP est supérieure à un seuil qui sera défini par décret.

A défaut d’accord, un plan d’action pourra être arrêté après avis du futur comité social et économique (CSE).

Les entreprises de moins de 300 salariés n’auront pas l’obligation de conclure d’accord ou de plan d’action si elles sont couvertes par un accord de branche étendu comportant une liste de thèmes définis par décret.

Il faudra donc vérifier que l’accord BTP respecte la liste de thème qui sera définie pour permettre aux entreprises du secteur d’être toujours couvertes.

Suppression des cotisations pénibilité

Les règles de financement du compte pénibilité sont complètement revues. Jusqu’à présent, ce financement était assuré par un fonds chargé du financement des droits liés au compte personnel de prévention de la pénibilité. Ce fonds était financé par des cotisations versées par les employeurs au titre de la pénibilité : une cotisation de base et une cotisation additionnelle due lorsqu’au moins un des salariés est exposé à la pénibilité.

A partir du 1er janvier 2018, ces cotisations sont supprimées de même que le fonds.

Attention
Pour ce qui est de la cotisation additionnelle, pour le dernier trimestre 2017, elle est due par les seuls employeurs ayant exposé au moins un de leurs salariés aux 6 facteurs de risques professionnels. Seuls les gains et rémunérations des salariés exposés à ces 6 facteurs sont pris en compte dans le calcul du montant de cette cotisation.

Les dépenses engendrées par le compte professionnel de prévention et sa gestion seront couvertes par la branche accidents du travail et maladies professionnelles selon des modalités qui seront fixées par décret.

Pénibilité : entrée en vigueur de l’ordonnance

L’ordonnance entre en vigueur normalement au 1er octobre 2017 mais il y a de nombreuses exceptions.

Tout ce qui a trait à la gestion et au financement du compte notamment n’entre en vigueur qu’au 1er janvier 2018.

Les dispositions relatives aux accords à négocier s’appliquent au 1er janvier 2019.

Enfin, pour les expositions aux facteurs de risques professionnels au titre des années 2015, 2016 et des 3 premiers trimestres 2017, certains articles du Code du travail restent applicables dans leur rédaction antérieure à l’ordonnance : sur les 10 facteurs de risque, l’ouverture, l’utilisation et la gestion du compte et sur le financement.

Important
Les points acquis au titre du C3P qui n’ont pas été utilisés avant l’entrée en vigueur de l’ordonnance sont transférés sur le compte professionnel de prévention.

Vous voulez en savoir plus sur les changements liés à l’ordonnance ? Téléchargez notre synthèse :

Réforme de la pénibilité par ordonnance : synthèse


Ordonnance n° 2017-1389 du 22 septembre 2017 relative à la prévention et à la prise en compte des effets de l'exposition à certains facteurs de risques professionnels et au compte professionnel de prévention, Jo du 23