Droit du travail & RH

Plan de relance pour l’industrie : des propositions pour la métallurgie

Publié le par dans Négociation collective métallurgie.

Depuis le début de la crise sanitaire, les partenaires sociaux de la branche de la métallurgie se mobilisent afin de mettre en place toutes les mesures pour accompagner au mieux les salariés et les employeurs de la branche. Par ces propositions de relance, ils souhaitent enrayer la décroissance, augmenter la part de l’industrie dans la richesse nationale et relocaliser les activités nécessaires à l’indépendance économique du pays.

Cette contribution paritaire signée le 24 août 2020 fait suite au « manifeste de propositions » signé en mai dernier pour préserver l’emploi, les compétences et construire l’industrie de demain. Voir notre article « Le secteur de la métallurgie se mobilise pour préserver l’emploi et les compétences ».

Dans ce nouveau texte, l’UIMM, la CFDT, la CFE-CGC et FO ont publié des propositions afin de relancer l’industrie autour de 5 grands axes déclinés en 23 propositions de mesures. Ils souhaitent, par-là, montrer leur volonté d’agir afin que ce plan de relance ne soit pas l’affaire exclusive de l’Etat.

Voici les 5 grands axes :

1. Reconstituer ou renforcer les fonds propres des entreprises

Premier impératif pour que les entreprises puissent investir et exporter : renforcer leurs fonds propres. Pour cela, 3 mesures sont proposées :

  • créer un fonds de relance pour l’industrie ;
  • mettre en place un dispositif de surinvestissements ;
  • intégrer une part de fonds dédiés aux PME dans les plans d’épargne salariale.

2. Travailler sur la compétitivité des entreprises

Poursuivre la restauration de la compétitivité de l’industrie française est primordiale pour attirer et ancrer l’industrie sur notre territoire.

Les partenaires sociaux proposent :

  • de supprimer la part régionale de la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) ;
  • de remettre en cause la C3S (contribution sociale de solidarité des sociétés) ;
  • la baisse des valeurs locatives des locaux industriels ;
  • l’exonération de fiscalité locale de certains projets.

3. Soutien à la décarbonation et aux investissements verts

Le plan de relance est une opportunité pour accélérer la transition écologique. Des propositions sont donc faites pour soutenir les investissements et les actions allant en ce sens :

  • soutenir les investissements de décarbonation des processus industriels de base ;
  • engager un plan massif pour la rénovation et l’efficacité énergétique des bâtiments ;
  • créer de nouvelles activités « vertes » comme le démantèlement et le recyclage des avions, navires, camions et automobiles, la production d’hydrogène vert, etc. ;
  • poursuivre l’amélioration des infrastructures de transport, de télécommunication, et d’énergie ;
  • encourager la réalisation d’un bilan carbone ;
  • taxer les émissions de gaz à effet de serre des produits importés en Union européenne.

4. Un jeu plus collectif entre industriels en favorisant la coopération entre les entreprises

Pour les partenaires sociaux, c’est la collaboration entre les entreprises qui permettra de gagner ensemble des marchés à l’international. Il faut pour cela :

  • favoriser les échanges ;
  • sensibiliser les acheteurs à davantage de collaboration avec leurs fournisseurs ;
  • mettre en place une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) de branche et des territoires ;
  • renforcer le rôle des filières pour assurer une bonne coopération entre donneurs d’ordre et fournisseurs, ainsi que celui des régions dans leur soutien aux projets locaux ;
  • faire en sorte que les établissements publics et privés privilégient les entreprises implantées en France lors de leurs appels d’offres.

5. Un dialogue social de qualité

Pour les organisations signataires, c’est un dialogue social dynamique qui permettra d’attirer dans les entreprises des salariés compétents, motivés et de les fidéliser.

Ce dialogue social doit avoir pour finalité :

  • d’alimenter un dialogue loyal ;
  • d’échanger de façon transparente ;
  • de partager les projets afin de rechercher ensemble des solutions qui permettraient de les localiser sur le territoire français ;
  • de traiter les questions d’organisation du travail, des conditions de travail et de qualité de vie au travail ;
  • d’élaborer une politique de formation en lien avec la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.

Contribution paritaire de la métallurgie du 24 août 2020 à un plan de relance pour l’industrie

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