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Profils singuliers, parcours atypiques… et s’ils étaient source de richesse pour vos équipes ?

Publié le par dans Management.

Un parcours académique non linéaire, un « trou » de 2 ans entre deux expériences professionnelles, des mots-clés qui ne sont pas les bons… Les CV « hors cadre » sont parfois écartés un peu vite. Pourtant, ils peuvent émaner de profils singuliers dotés de multiples soft skills, et, notamment, d’un grand potentiel créatif. Comment et pourquoi ces parcours atypiques méritent-ils toute votre attention ?

Profils singuliers, mais au fait, qui sont-ils ?

Qu’on les appelle « profils hors cadre », « zèbres », « multipotentiels », ou encore « slasher » (un travailleur incapable d’opter pour une carrière unique); ils ont un point commun : ils ne sont jamais là où on les attend ! Et c’est peut-être pour ce côté volatil, voire imprévisible que les recruteurs les écartent souvent. Et pourtant… changer de voie en cours d’études, se reconvertir pour s’essayer à différents métiers, interrompre sa carrière pour faire le tour du monde ou s’engager dans le bénévolat, etc. ; tout cela n’est pas forcément gage d’incompétence, bien au contraire…

Les qualités cachées des profils hors cadre

On ne peut nier l’intérêt des super-robots de l’Applicant Tracking System (ATS), mais force est de constater qu’ils peuvent, par leur sélection drastique, faire passer les recruteurs à côté de perles rares. Que pèse, en effet, une irrégularité de carrière, ou l’absence de mots-clés dans un CV, au regard de qualités telles que la polyvalence, l’agilité d’esprit, la soif d’apprendre, la créativité... ? Ces qualités dont sont souvent pourvus les profils singuliers et qui peuvent leur permettre de devenir rapidement opérationnels à un poste qu’ils n’ont jamais occupé. Dans un contexte professionnel, où, d’après une récente enquête du journal Le Monde, 85 % des métiers de 2030 n’existent pas encore, qui, mieux que ces collaborateurs, seront capables d’apprendre, de rebondir, de s’adapter sans cesse ?

Positionné au bon endroit et au bon moment, le profil atypique peut même, avec son œil neuf, bousculer positivement l’organisation en remettant en question des procédures ou méthodes de travail prises pour acquises et pourtant améliorables. Il dynamise également le collectif grâce à une grande intelligence émotionnelle : faculté d’adaptation, empathie, sens de l’écoute, curiosité, prise d’initiative… toutes ces soft skills qui contribuent à lui faire acquérir du leadership, et à stimuler l’équipe. Et même s’il est doté de « mad skills » ; ces traits de caractère extrêmes qui peuvent paraître hors norme, et faire peur, tels que l’impulsivité, l’hypersensibilité ou une très grande spontanéité, le « zèbre » peut aussi en faire des atouts en les mettant au service de sa créativité…

À candidats particuliers, modes de recrutements particuliers…

Pour éviter d’éliminer trop rapidement ces profils différents qui n’entrent pas dans les cases, la lecture d’un CV doit se faire à travers un prisme nouveau : un parcours professionnel chaotique n’est peut-être pas une marque d’instabilité, mais plutôt le résultat d’une quête de passionnantes nouvelles aventures. Il convient aussi d’adapter sa stratégie de sourcing. En formulant des offres moins restrictives (niveau de diplôme minimum, nombre d’expériences différentes dans une même fonction, etc.), il est possible d’ouvrir la porte à un zèbre, qui, sans cela se serait autocensuré. Par ailleurs, ces profils étant, par nature, là où on ne les attend pas, il faut faire comme eux et sortir des sentiers battus pour les trouver ! Ainsi, en remplacement des sources conventionnelles, peut-être la cooptation ou les réseaux sociaux sont-ils mieux indiqués.

Les entretiens, eux aussi, ont souvent besoin de formats différents : pourquoi, par exemple, ne pas le tester par des jeux de rôles, ou des questions ouvertes qui laissent au candidat atypique le loisir d’exprimer toute sa créativité… ?

Formation, management… En entreprise, le zèbre se gère aussi différemment

Une fois recruté, ce candidat singulier qui ne cochait aucune case sur le papier, mais qui finalement se révèle performant, aura aussi les défauts de ses qualités : une envie irrépressible d’aller voir ailleurs ce qu’il se passe de mieux ! Aussi, le plus dur reste à faire : le fidéliser. Le plus important est d’étancher sa soif d’apprendre. Plutôt que de gaspiller les budgets formation au profit de collaborateurs, bien sous tous les rapports, mais qui sont rétifs à l’idée d’apprendre, donnez la priorité au zèbre qui, lui, ne demande que cela, et saura passer de l’académique à la pratique ! Par ailleurs, en matière de management, le rapport au zèbre est lui aussi différent. Il aime plus que personne être mis au défi. Une mission qui semble hors de portée à certains sera au contraire stimulante pour lui, si elle a du sens et qu’elle correspond à son échelle de valeurs. Ainsi, notre zèbre la prendra à bras-le-corps et se dépassera sans même en avoir conscience… Marc Twain ne disait-il pas : « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait » ?