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Recours au travail temporaire : vigilance sur les risques professionnels !

Publié le par dans Sécurité et santé au travail BTP.

En France, la majorité des personnes en intérim relèvent de la catégorie socio-professionnelle des ouvriers. Les intérimaires représentent également 8 % de l’emploi ouvrier. Le principe d’égalité de traitement entre les salariés intérimaires et salariés dit « permanents » prévu par le Code du travail devrait laisser à penser que les salariés intérimaires sont exposés aux mêmes risques professionnels. Qu’en est-il dans la réalité ? Une étude de la DARES apporte des éléments de réponse.

Risques professionnels : une exposition importante des travailleurs temporaires

Selon les données de l’étude publiée par la DARES, 42 % des intérimaires travaillent debout au moins 20 heures par semaine contre 39 % pour l’ensemble des ouvriers. De même, la manutention manuelle de charges de plus de 20 kilos plus de 20 heures par semaine représente 22 % des intérimaires contre 12 % de l’ensemble des ouvriers.

Concernant le bruit, 20 % des intérimaires subissent un bruit d’au moins 85 dB plus de 20 heures par semaine, contre 15 % pour l’ensemble des ouvriers.

L’étude publiée par la DARES fait toutefois apparaitre une tendance inverse concernant l’exposition aux risques chimiques. A titre d’illustration, il est constaté que 59 % des ouvriers sont exposés à un produit chimique au cours de la semaine de référence, mais seulement 45 % des ouvriers intérimaires. De même, si 25 % de l’ensemble des ouvriers sont exposés à au moins un produit chimique cancérogène, c’est le cas de 19 % des ouvriers intérimaires.

Au vu de ces données, on pourrait considérer que les intérimaires sont davantage exposés aux risques professionnels physiques mais beaucoup moins aux risques chimiques. Cette affirmation reste toutefois à nuancer.

Risques professionnels : des données qui trouvent des explications

Concernant les risques physiques auxquels sont exposés les intérimaires, les données retranscrites par la DARES se justifient par les emplois généralement occupés par ces salariés. En effet, dans le BTP, les intérimaires sont généralement embauchés en qualité de manœuvre, poste qui implique souvent une manutention manuelle importante, du travail debout et/ou du travail dans un environnement bruyant.

Ainsi, en cas de comparaison à poste égal (à titre d’exemple, en cas de comparaison de deux manœuvres, l’un intérimaire, l’autre permanent), l’écart se réduit considérablement. L’étude de la DARES montre par ailleurs que, dans ce cas, l’écart est quasiment nul.

Concernant l’exposition aux risques chimiques, la moindre exposition des travailleurs temporaires se justifie par plusieurs raisons :

  • la règlementation interdit dans certains cas de faire travailler des intérimaires en présence de certains agents chimiques dangereux. C’est le cas par exemple en cas de risque d’exposition à l’amiante (Code du travail, art. D. 4154-1) ;
  • les expositions sont moins connues par les travailleurs temporaires. En effet, du fait de la diversité des missions exécutées par les travailleurs temporaires, que ce soit à des postes différents ou dans des entreprises utilisatrices différentes, les salariés ont une moins bonne connaissance de leur environnement de travail.
    Cette connaissance moindre est accentuée par le suivi insuffisant des médecins du travail (lesquels n’ont pas toujours une connaissance approfondie de l’environnement de travail chez l’entreprise utilisatrice, cette insuffisance étant accentuée par la diversité des missions généralement de courte durée).

A ce titre, l’étude montre que les ouvriers intérimaires exposés à un agent chimique dangereux disposent d’une double protection (individuelle et collective) dans seulement 18 % des cas (contre 28 % pour l’ensemble des ouvriers). En revanche, pour 50 % d’entre eux (contre 32 % pour l’ensemble des ouvriers), aucune protection individuelle ou collective n’est signalée par les médecins du travail (les médecins du travail indiquent cette dernière réponse lorsqu’ils n’ont pas l’information, ou lorsqu’ils savent qu’il n’y a pas de protection).

Sur le plan des facteurs psychosociaux, les travailleurs temporaires déclarent moins souffrir d’un manque de reconnaissance que des salariés permanents (41 % contre 52 % pour l’ensemble des ouvriers). Toutefois, les travailleurs temporaires craignent davantage pour la sécurité de leur emploi (45 % contre 27 % pour l’ensemble des ouvriers).


DARES Analyses, 8 octobre 2018, n° 045 (exposition des ouvriers intérimaires aux risques professionnels)

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