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Salaire moyen et écarts de rémunération dans les conventions collectives : les derniers chiffres

Publié le par dans Conventions collectives.

La DARES dresse, comme chaque année, le panorama statistique des principales conventions collectives de branche. Une étude qui permet de constater que les écarts de salaire restent marqués selon les sexes et les secteurs d’activité.

Conventions collectives : un panorama des branches professionnelles très contrasté

Fin 2015, ce ne sont pas moins de 15,5 millions de salariés qui étaient couverts par 717 conventions collectives de branche (contre 712 l’année précédente).

La taille de ces branches reste très variable : sans changement par rapport à l’année précédente, les 65 plus grosses conventions concentrent 74 % de salariés. Quant aux 94 branches les plus petites, elles ne couvrent au total que 0,2 % de salariés.

Du côté des profils des salariés et des caractéristiques des emplois, on assiste toujours à un grand écart entre les branches. La raison : une grande diversité parmi les métiers exercés.

On retrouve ainsi une nette surreprésentation de la catégorie des cadres dans certaines branches. Tel est le cas des télécommunications et des bureaux d’études techniques SYNTEC-CINOV (où près de 60 % des salariés sont des cadres).

Dans d’autres branches, ce sont des catégories différentes qui dominent :

  • les employés dans les secteurs de la prévention et sécurité, de la coiffure, ou encore de la restauration rapide où ils constituent au moins 80 % des salariés ;
  • les ouvriers dans les transports routiers et les entreprises de propreté où ils représentent plus des deux tiers des salariés.

La répartition des sexes selon les secteurs d’activité est également inégale. Si les femmes constituent 44 % de la population totale observée, elles représentent moins de 10 % des salariés dans les conventions collectives couvrant les ouvriers du bâtiment et des travaux publics, alors qu’elles sont plus de 80 % dans les pharmacies d’officine ou encore les services à la personne et la coiffure.

Enfin, il est intéressant de relever que toutes branches confondues, 19 % des 15,5 millions de salariés couverts par une convention collective de branche travaillent dans une entreprise de 1 à 9 salariés (TPE). Pour 8 conventions collectives, la proportion de salariés travaillant dans une TPE est supérieure ou égale à 61 % (ex : gardiens, concierges et employés d’immeubles). Inversement, dans des secteurs comme la banque ou l’assurance, la quasi-totalité des salariés travaillent dans une entreprise de 10 salariés ou plus.

Conventions collectives : des écarts de salaires persistants entre les branches

Autre élément récurrent que l’étude de la DARES met en exergue : les écarts de salaire entre les branches.

Ainsi, le salaire mensuel net moyen d’un équivalent temps plein (EQTP) hors apprentis était de 2270 euros en 2015 dans l’ensemble des conventions collectives de branche (contre 2240 euros en 2014).

Bon à savoir
Le salaire net d’un équivalent-temps plein est calculé à partir du salaire net fiscal disponible dans les DADS.

Dans les branches couvrant plus de 50 000 salariés, ce salaire net va de 1270 euros (services à la personne) à 4450 euros (cadres de la métallurgie).

Ces écarts de salaires entre branches sont liés, en grande partie, aux profils variés des salariés. Sans surprise, on constate qu’une présence massive de cadres tire vers le haut le salaire moyen de la branche. Ainsi, dans les branches où le salaire est supérieur à 2700 euros, au moins 20 % des salariés sont des cadres.

Plus largement, au sein de chaque catégorie socio professionnelle, les différences salariales s’expliquent par la variété des postes existants ainsi que par les différences de structure par âge.

Du côté de l’écart salarial entre les sexes, celui-ci reste stable par rapport à l’année précédente : toutes branches confondues, le salaire net moyen des femmes est inférieur de 19 % à celui des hommes. Là aussi, on observe un contraste en fonction de la catégorie professionnelle (ex : l’écart est de 20 % pour les cadres et 7 % pour les employés).

Par ailleurs, cet écart grimpe jusqu’à au moins 31 % dans des secteurs tels les cabinets médicaux, les banques, l’immobilier, etc. Sachant que, dans ces branches, le taux de féminisation est supérieur à 56 %. Inversement, on constate que les femmes sont très minoritaires dans les branches où l’écart de salaire est en leur faveur. A titre d’exemple, dans le secteur des activités de déchet qui comporte environ 16 % de femmes, l’écart de salaire est d’environ 8 % en leur faveur.

Enfin, à catégorie socioprofessionnelle donnée, l’écart salarial femmes-hommes s’accentue avec l’âge, spécialement pour les cadres. Ainsi, à partir de 30 ans, dans l’ensemble des conventions collectives de branche, cet écart s’accentue très fortement au sein des cadres et d’une façon moins marquée pour les autres catégories.

Etude de la DARES sur le portrait statistique des principales conventions collectives de branche en 2015

Etude DARES « Portrait statistique des principales conventions collectives de branche en 2015 » (mars 2018)

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