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Silice cristalline : classée cancérogène par l’Union européenne

Publié le par dans Sécurité et santé au travail BTP.

La silice cristalline présente dans de nombreux matériaux employés dans le BTP n’était, jusqu’à une date récente, pas classée cancérigène au niveau européen. Une directive européenne est venue combler cette lacune. L’occasion de revenir sur les caractéristiques de cet agent chimique dangereux (ACD).

Silice cristalline : un agent chimique dangereux reconnu cancérogène

La silice cristalline est présente dans plusieurs matériaux naturels (roches taillées ou concassées, granite, ardoise, etc.), élaborés (bétons, mortiers, verre, carrelages, colles, etc.) ou d’origine minérale.

Cette substance a été reconnue par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) comme cancérogène avéré pour l’homme (groupe 1) mais n’était jusque-là pas classée à l’échelle européenne. Une directive européenne vient tout récemment de reconnaitre la silice comme cancérigène. En effet, ce texte vient ajouter à la liste des substances, préparations et procédés de l’annexe I de la directive 2004/37/CE les « travaux exposant à la poussière de silice cristalline alvéolaire issue des procédés de travail ».

La silice cristalline présentant des risques pour la santé est celle présente sous forme de quartz, de cristobalite ou de tridymite. Les poussières de silice cristalline se retrouvent dans des activités telles que la découpe, le sciage, le ponçage, le perçage du béton, de matériaux à bas de céramique, etc. Ainsi, des professions telles que maçon, démolisseur, électricien, sableur sont particulièrement exposées.

Les poussières de silice peuvent provoquer une irritation des yeux et des voies respiratoires, des bronchites chroniques ou encore une fibrose pulmonaire nommée silicose. Elle joue également un rôle dans le développement de cancers pulmonaires.

En France, la silice cristalline appartient à la catégorie des agents chimiques dangereux. Elle est inscrite au tableau des maladies professionnelles et fait l’objet d’une VLEP (valeur limite d’exposition professionnelle) contraignante.

Silice cristalline : mesures de prévention

Au-delà des principes généraux de prévention qui s’imposent à toute activité, il vous revient d’appliquer les règles générales de prévention spécifiques au risque chimique (Code du travail, art. R. 4412-1 à R. 4412-57).

Il conviendra alors de modifier les modes opératoires en privilégiant des procédés moins émissifs tels que l’aspiration à la source ou encore l’humidification. En ce qui concerne les EPI, des masques de protection respiratoire adaptés ainsi que des lunettes de protection doivent être mis à disposition.

Aussi, vous devez respecter des valeurs limites d’exposition professionnelle réglementaires contraignantes :

  • pour le quartz à 0,1 mg/m3 ;
  • pour la cristobalite et la tridymite à 0,05 mg/m3.

Le contrôle du respect de ces valeurs doit être réalisé par un organisme accrédité.

Il est à noter que la valeur limite d’exposition récemment fixée par l’Union européenne est la même que celle déjà en vigueur en France pour le quartz (0,1 mg/m3).

Elle renforce les mesures visant à préserver la santé et la sécurité des salariés.

La valeur limite d’exposition à la poussière de silice cristalline alvéolaire est fixée à 0,1mg/m3.

D’autres VLEP ont été révisées telles que celle relative aux poussières de bois durs qui passe de 5mg/m3 à 2mg/m3. Cela permet de réduire l’écart entre les entreprises françaises (VLEP fixée à 1 mg/m3 sans distinction entre bois « dur » ou non) et les autres.

Notons que l’Etat français a jusqu’au 17 janvier 2020 pour transposer cette directive. L’arrêté du 5 janvier 1993 fixant la liste des substances, préparations et procédés cancérogènes reprenant l’annexe de la directive devra être modifié.

Les mesures préventives ne sont pas directement impactées par la parution de cette directive européenne. Pour autant, les mesures de contrôle sur chantiers risquent d’être renforcées.

Vous retrouverez l’ensemble des mesures de prévention du risque lié à la silice au sien de notre documentation « Sécurité des chantiers du BTP illustrée ».


Directive (UE) 2017/2398 du Parlement européen et du conseil du 12 décembre 2017 modifiant la directive 2004/37/CE concernant la protection des travailleurs contre les risques liés à l’exposition à des agents cancérigènes ou mutagènes au travail