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Sortie de crise mais pas de reprise pour l’apprentissage dans le secteur de la construction

Publié le par dans Contrat de travail BTP.

L’apprentissage a repris dans la plupart des secteurs… sauf dans la construction. Bien que l’horizon se soit éclairci pour les entreprises du Bâtiment dès le dernier trimestre 2015, une étude de la DARES montre que l’apprentissage est toujours en perte de vitesse dans ce secteur.

Une dynamique générale de reprise de l’apprentissage dans la majorité des secteurs d’activité

Dans le secteur privé, après deux années consécutives de baisse, on enregistre une légère hausse de 1,6 % de contrats d’apprentissage supplémentaires par rapport à 2014.

La reprise des entrées concerne tous les secteurs, à l’exception de la construction, qui lui, enregistre une baisse de 4%, et touche plus particulièrement les formations de niveau V : CAP, BP, brevet (+2,7 %).

Dans l’industrie, les embauches ont par exemple progressé de 2 %. Dans le secteur tertiaire, majoritairement composé d’entreprises de moins de 11 salariés, on note une hausse de 3 %.

Ce constat de nette reprise générale dans les entreprises de moins de 10 salariés s’expliquerait essentiellement par l’octroi de l’aide à l’embauche TPE jeunes apprentis, qui aurait dopé les embauches. En effet, les recrutements ont augmenté de près de 10 % dans les entreprises de moins de 11 salariés, alors qu’ils sont en baisse de 2,3 % dans les entreprises de 11 salariés et plus.

Plus généralement, les entreprises de moins de 50 salariés représentent 74 % des nouveaux contrats.

   
L’aide TPE jeunes apprentis permet aux entreprises de moins de 11 salariés, de bénéficier d’un montant total de 4400 € (à raison de 3 versements trimestriels de 1100€) pour toute embauche d’un jeune apprenti mineur depuis le 1er juin 2015. Cette aide est cumulable avec les autres dispositifs d’aide à l’apprentissage. Une fois le contrat d’apprentissage enregistré par la chambre consulaire, l’employeur peut valider en ligne sa demande d’aide pré-remplie, dans les 6 mois maximum après la date de début d’exécution du contrat. Sa demande est ensuite télétransmise à l’Agence de services et de paiement (ASP) qui assure le paiement de l’aide, à l’échéance de chaque période de 3 mois suivant le début d’exécution du contrat d’apprentissage.
En revanche, bien que l’on n’atteigne pas le niveau de baisse de 2014 (- 12%), les embauches continuent de diminuer fortement dans le secteur de la construction (-4 %).
 

Une perte de vitesse symptomatique de l’apprentissage dans le secteur de la construction

D’ordinaire pourvoyeur d’une large majorité d’apprentis, le BTP est le seul secteur où l’apprentissage reste en crise.
Cette baisse significative du nombre de contrats s’explique par une conjoncture économique difficile, que les aides à l’embauche n’ont pas suffi à endiguer. Les entreprises rechignent à s’engager sur des contrats de deux ans (en général) alors qu’elles n’ont aucune visibilité sur du long terme concernant leur carnet de commandes.
Par ailleurs, il existe de nombreux freins à l’apprentissage dans le BTP, notamment pour l’embauche d’apprentis mineurs. En effet, l’employeur est dans l’obligation de procéder à une déclaration pour que son apprenti puisse utiliser les machines de l’entreprise et être opérationnel sur certains types de travaux considérés comme dangereux.
En outre, les apprentis mineurs n’étant pas calés sur la durée du travail de l’entreprise, la gestion des plannings est rendue difficile pour les maîtres d’apprentissage et l’organisation des chantiers.

Pour en savoir plus sur toutes les règles spécifiques au contrat d’apprentissage, les Editions Tissot vous recommandent leur documentation « Gestion pratique du personnel et des rémunérations du BTP  ».

Laure G.C

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