Droit du travail & RH

Télétravail : quels sont vraiment les risques dans le BTP ?

Publié le par dans Sécurité et santé au travail BTP.

Le Gouvernement a annoncé qu’il allait renforcer le recours effectif au télétravail et que chaque jour comptait. Une instruction prévoit de multiplier les contrôles sur le sujet. Dans le BTP, si tous les postes ne sont bien évidemment pas télétravaillables, certains peuvent être en toute ou partie télétravaillés. Que risquez-vous si vous n’appliquez pas cette consigne ? Attention, la DGT a aussi annoncé qu’elle allait cibler le secteur du BTP pour vérifier les conditions de travail des salariés qui ne sont pas en télétravail.

Télétravail : les recommandations actuelles

Le télétravail doit être la règle pour l’ensemble des activités qui le permettent. Il doit être de 100 % pour les salariés qui peuvent effectuer l’ensemble de leurs tâches à distance, ce qui est le cas de certains postes administratifs s’agissant du BTP.

Toutefois depuis le 6 janvier 2021, un salarié peut demander à revenir en présentiel un jour par semaine maximum, avec votre accord (voir notre article « Protocole national : assouplissement de la recommandation du télétravail à 100 % »).

Bien que les mesures sanitaires aient été dernièrement renforcées, concernant notamment les distanciations sociales et les masques, et que le Premier Ministre ait annoncé le 29 janvier un recours effectif au télétravail renforcé, aucun changement n’a été apporté dans le protocole sanitaire sur le sujet du télétravail depuis le 6 janvier.

Dans l’instruction qu’elle vient de diffuser aux inspections du travail, la Direction générale du travail réaffirme très clairement que lorsque les tâches sont télétravaillables, elles doivent être télétravaillées. Le recours au télétravail peut être total si la nature des tâches le permet ou partiel si seules certaines tâches peuvent être réalisées à distance.

La possibilité de revenir en présentiel une journée par semaine afin de prévenir le risque d’isolement est conditionnée à la demande expresse du salarié. La DGT souligne qu’il faut être particulièrement vigilant au fait que cette possibilité ne soit pas à l’origine de rassemblements dans les entreprises à l’occasion de réunions de service ou de repas pris collectivement.

Télétravail : les risques encourus par les employeurs qui ne le mettent pas en place

Il n’y a pas de sanction spécifique attachée à la non mise en place du télétravail du type une amende pour chaque salarié concerné qui ne télétravaille pas.

Pour autant les employeurs qui ne jouent pas le jeu du télétravail prennent des risques. En effet, en ne suivant pas les recommandations en santé et sécurité au travail c’est tout simplement l’obligation de sécurité qui est mise à défaut (voir sur ce sujet notre article « Télétravail à 100 % : l’obligation de sécurité est en jeu »).

Attention, le manquement à votre obligation de sécurité peut conduire jusqu’à la reconnaissance de la faute inexcusable si un accident du travail ou une maladie professionnelle intervient. Or lorsque le Covid-19 a été contracté par le salarié dans le cadre du travail, le caractère professionnel de l’infection au Coronavirus peut être reconnu.

Par ailleurs, les pouvoirs publics viennent d’annoncer une mobilisation particulièrement soutenue de l’inspection du travail dans les semaines qui viennent afin de remobiliser les entreprises suite à une baisse constatée du télétravail. L’idée est d’abord d’accompagner les entreprises et les partenaires sociaux mais aussi de contrôler le respect des mesures de prévention dont fait partie le télétravail et d’utiliser des « outils de coercition » si besoin tels que :

  • la mise en demeure ;
  • le référé judiciaire.

La vérification de la mise en œuvre du télétravail pour toutes les tâches télétravaillables systématique lors de tout contrôle de l’inspection du travail. Les conditions d’information et de consultation du CSE seront également vérifiées. En effet, l’instruction rappelle qu’il importe que le CSE soit associé non seulement à la définition des tâches télétravaillables mais également aux modalités pratiques par exemple pour ajuster les horaires. Attention sur ce point au délit d’entrave qui peut monter jusqu’à 7500 euros d’amende…

Manquement à l’obligation de sécurité, mise en demeure, ou encore délit d’entrave… voilà donc les différents risques que vous courrez si vous prenez trop à la légère vos obligations sur le télétravail. Attention, les semaines à venir risquent d’être particulièrement suivies et si ce n’est pas l’inspection du travail qui débarque directement chez vous, les salariés et les élus, qui sont de plus en plus sensibilisés au sujet, pourraient aussi revenir vers vous ou prendre contact avec l’inspection du travail. Il convient donc de bien réfléchir à vos choix…

Par ailleurs des contrôles seront aussi effectués pour vérifier les conditions de travail des salariés dont les tâches ne peuvent être totalement télétravaillées. Une vigilance particulière sera mise sur les effets du couvre-feu à 18 heures, sur la durée du travail et le respect des repos.
Il a été annoncé que le BTP va être particulièrement ciblé avec une vigilance accrue en cas de situations de détachement ou d’emploi de salariés étrangers hors UE ayant déjà donné lieu à interventions et mesures de fermetures, d’arrêts d’activités ou de sanctions.
Les modalités de transport collectif mises en place par les entreprises et les lieux de restauration collective vont être aussi sous surveillance.

Pour la mise en place du télétravail, les Editions Tissot vous accompagnent avec la procédure Lumio « Mettre en place le télétravail » qui vous permet :

  • d’analyser le cadre juridique du télétravail ;
  • de vérifier l’éligibilité du salarié au télétravail ;
  • de formaliser le passage en télétravail ;


Instruction DGT relative aux orientations et aux modalités d’intervention du système d’inspection du travail dans le cadre des mesures renforcées de lutte contre la Covid-19, 3 février 2021