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Vos paroles peuvent faire mal !

Publié le 15/03/2022 à 07:48 dans Management.

Temps de lecture : 4 min

Gaffes, expressions maladroites ou petites phrases assassines, les mots font parfois beaucoup de dégâts ! Voilà bien un sujet qui se trouve au centre de vos compétences de manager. En utilisant vos paroles à bon escient, vous pouvez effectivement aider vos collaborateurs à renforcer leur confiance en eux. Pourtant, il ne faut pas oublier que les mots ont le pouvoir de détruire autant que de soigner.

Les paroles qui font mal

Dans beaucoup de cas, ces paroles vont être énoncées dans des situations où vous êtes préoccupé ou énervé. Bernard est le manager de Lucie. En réunion sur le lancement d’un prochain projet, ils se trouvent en désaccord. À un moment, Bernard lance à Lucie : « De toute façon, avec vous ce n’est même pas la peine de discuter, vous voulez toujours avoir raison. » Puis il ajoute, énervé, pendant que chacun replie ses affaires : « Vous savez Lucie, ce n’est pas la première fois que vous avez cette réaction, ça ne pourra pas durer ! », c’est une menace floue qui va créer du ressentiment.

Vous aviez rendez-vous avec Jérôme à 9 heures pour prendre une importante décision et celui-ci arrive à 9 h 45 ! Si, comme entrée en matière, vous lui dites : « Tu le fais exprès d’arriver en retard, n’est-ce pas ? », c’est une forme de jugement sur votre collaborateur qu’il trouvera infondée et blessante.

Vous avez eu des remontées d’informations négatives par des clients concernant votre collaborateur Bertrand. Vous décidez de le voir dans son bureau pour en parler. À votre arrivée, il vous coupe tout de suite la parole pour vous annoncer très fier et content que le gros contrat qui était attendu a été signé. Vous n’écoutez pas et vous poursuivez sur votre première idée « oui, ah d’accord, mais sinon j’ai eu plusieurs remontées négatives sur toi, faut qu’on en parle ! », c’est une réaction inopportune à ce moment-là qui va créer un sentiment d’ignorance.

Bien entendu vous ne tombez pas dans ces erreurs et vous faites vous-même attention, mais reconnaissons que par moment, cela peut vous submerger.

Une autre source de paroles blessantes provient des discussions informelles que vous avez avec vos collaborateurs. Vous pouvez y évoquer des convictions, des avis qui peuvent conduire à créer un sentiment de mépris, de condescendance, voire vous faire paraître insultant. Autour de la pause-café, un manager peste contre les motards car il vient d’avoir un accident avec l’un d’eux. Malheureusement, trois motards font partie de son équipe. Une autre fois, il évoque avec fierté sa nouvelle maison de campagne dont il détaille le prix et la beauté. Son équipe n’a pas forcément la capacité financière d’un tel achat.

Comment les éviter ?

Pour éviter les paroles blessantes, commencez toujours par renforcer votre capacité d’écoute. Lorsqu’on vous parle, prenez vraiment le temps d’écouter, de comprendre ce que l’on vous dit. Ne vous hâtez pas de répondre, au risque d’avoir une parole malheureuse ou de blesser l’interlocuteur. Prenez vraiment conscience de la situation. Qu’essaie-t-on de vous dire ? Qu’attend-on de vous réellement ? Dans tous les cas, vous éviterez d’émettre un jugement infondé ou une critique oiseuse.

Les paroles blessantes deviennent plus récurrentes lorsque vous portez un regard négatif sur une personne avant même qu’elle parle. Perdez l’habitude de coller une étiquette sur chaque personne. Attachez-vous plutôt à clarifier votre insatisfaction en recourant à des faits et aux attitudes concrètes de votre entourage. Ce serait une bonne manière de ne pas tomber dans une accusation basée sur un stéréotype méprisant.

Méfiez-vous de ce que vous évoquez sur votre vie privée, vos avis et vos impressions. Faut-il dès lors ne plus discuter ou ne plus émettre un avis en toute liberté ? La bonne posture n’est pas de vous renfermer dans un mutisme, mais d’être vigilant et de rester prudent sur vos prises de paroles, ne pas défendre vos convictions trop fortement, ne pas parler de votre environnement privé à moins que cela ne vous soit suggéré par vos interlocuteurs. Gardez toujours à l’esprit que vos collaborateurs n’aiment pas obligatoirement ce que vous aimez, ne détestent pas obligatoirement ce que vous détestez, et ne veulent pas forcément connaître vos points de vue. Bref, ce sont des personnalités à part entière qui ont besoin d’être reconnues comme telles.

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Pascal Jacquin

Expert en communication interpersonnelle

20 ans d’expérience comme responsable commercial, puis comme directeur de la formation dans diverses grandes entreprises.

Consultant depuis 2004 en ingénierie pédagogique et spécialiste des domaines...