CSE : booster la participation aux activités sociales et culturelles

Publié le 09/09/2022 à 08:30, modifié le 25/10/2022 à 15:16 dans Comité social et économique (CSE).

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Il se peut que les informations contenues dans cet article et les liens ne soient plus à jour.

Entre plusieurs confinements et des règles sanitaires strictes, les comités sociaux et économiques se sont heurtés à de grandes difficultés lors de l’organisation de leurs activités sociales et culturelles (ASC) ces deux dernières années. Mais ces obstacles rencontrés peuvent permettre de construire une politique ASC plus dynamique et adaptée aux attentes des salariés.

La participation aux ASC : le constat en pratique

Un constat est régulièrement réalisé sur le terrain par les élus : les salariés participent en général assez peu aux activités organisées par le comité social et économique.

Bien que cet état de fait ne soit fort heureusement pas général ni intangible, il interroge néanmoins sur les attentes des salariés et sur les pratiques des CSE en la matière.

Généralement, les salariés sont friands non pas d’activités sociales et culturelles organisées mais de prestations pécuniaires telles que les chèques cadeaux / vacances ainsi que les prises en charge financières diverses (participation aux abonnements de sport, etc.).

Bien que cela puisse s’entendre au regard du contexte économique actuel, ces pratiques renvoient le comité à un rôle de « participant au pouvoir d’achat des salariés ».

Ceci est également parfois renforcé par les employeurs, qui y trouvent un intérêt certain. Par exemple, de nombreuses offres d’emplois mentionnent des spécifications telles que « CSE attractif ». On devine aisément ce que cela signifie.

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La notion d’« activités sociales », doit s’entendre au-delà du sens pécunier. Il s’agit également et surtout du lien social qui doit être entretenu et développé au travers des activités organisées par le comité.

Certains comités n’axent leurs prestations que sur ce type d’actions, délaissant alors totalement les activités sociales et culturelles organisées (voyages, week-ends, pique-niques, etc.).

S’il n’est pas question de remettre en cause les prestations financières, il peut être bon d’opérer un panachage entre ces deux types d’activités.

Mais il n’est pas possible d’occulter le fait que la charge de travail pesant sur les élus de CSE est un facteur les amenant logiquement à s’orienter vers des prestations rapidement gérées comme les chèques cadeaux.

Néanmoins, le retour à la vie normale après ces années de restrictions amène également de plus en plus les salariés à souhaiter retrouver des moments conviviaux et de partages qu’il est intéressant de développer et d’entretenir.

La participation aux ASC : comment la booster ?

S’il n’existe malheureusement pas de solution miracle au problème de la participation, il est cependant possible de mettre en œuvre un certain nombre de mécanismes afin d’identifier les points posant problème et de les améliorer.

Réaliser des sondages auprès des salariés : cela vous permettra d’avoir un panorama des envies et d’affiner vos propositions en conséquence.

Attention même avec un taux de réponse important, le sondage ne garantira pas une participation in fine.

Il est également conseillé de procéder avec des questions de type fermé comme par exemple une liste de trois ou quatre activités. Mais il faut éviter les questionnements ouverts : « que souhaitez-vous réaliser comme sortie ? », car vous obtiendrez autant de réponses différentes que de salariés.

Réaliser un QQOQCP : le QQOQCP est une méthode de résolution des problèmes qui peut être intéressante à utiliser dans le cadre de l’élaboration des activités sociales et culturelles.

Quoi : l’action à réaliser (activité de groupe, voyage, sortie, etc.) ;

Qui : participants et organisateurs ;

Où : lieu(x) de réalisation de l’action ;

Quand : temporalité de l’action ;

Comment : moyens, matériel, organisation, etc. ;

Pourquoi : ce qui vous pousse à réaliser cette action.

Utiliser cette méthode peut vous permettre de mieux structurer votre offre d’activités et d’en cibler les points faibles.

Réaliser une communication active et ciblée : pour encourager la participation, il convient de communiquer efficacement sur les activités que vous proposez.

Il convient alors de multiplier les canaux de communication (mails, affichage, tracts, etc.) pour s’assurer que tous les salariés ont accès à l’information. Le moment idoine pour effectuer la promotion de l’activité doit également être réfléchi en amont.

Il faut trouver le juste dosage afin de ne pas sur-abreuver les salariés de communications diverses, ce qui pourrait au final être rédhibitoire.

Réaliser le bilan des ASC pour permettre des améliorations : trop souvent lorsqu’une activité ne rencontre pas le succès escompté, elle finit tout simplement aux oubliettes.

Or, ce sont souvent les détails qui font la différence entre une activité réussie ou non.

Il est important que vous preniez régulièrement le temps d’analyser les activités proposées afin de déterminer les améliorations possibles, et de voir si ces dernières sont envisageables ou non.

Gardez à l’esprit qu’il faut parfois mieux un faible taux de participation mais avec des salariés satisfaits que l’inverse.

Pour vous permettre d’analyser la politique ASC la plus pertinente à mettre en place, les Editions Tissot vous proposent la documentation « Les activités sociales et culturelles du CSE ».

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Marc Kustner

Gérant de la société FOKUS dédiée à la formation et à l'accompagnement des représentants du personnel (www.fokus-cse.com)

https://www.fokus-cse.com
Juriste et formateur en droit social
Spécialiste des relations sociales