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Elections professionnelles : une candidature même tardive peut être valable

Publié le par dans Fonctionnement des RP.

En l’absence de protocole d’accord préélectoral, la date limite pour le dépôt des listes de candidats lors des élections professionnelles peut être déterminée par l’employeur. Dans ce cas, la possibilité pour l’employeur de refuser une candidature tardive ne peut être admise que pour des nécessités d’organisation du vote.

Les faits : bien que l’employeur ait convoqué les organisations syndicales à négocier le protocole d’accord préélectoral en vue des élections des délégués du personnel, les syndicats ne se sont pas manifestés. L’employeur a donc lui-même fixé le calendrier des opérations électorales. Le premier tour devait se dérouler le 10 mai et l’éventuel second tour le 25 mai, avec obligation de communiquer les candidatures libres au plus tard le 14 mai.

Un salarié se déclare candidat le 15 mai. L’employeur refuse sa candidature car présentée hors délai. Le second tour n’a pas lieu, faute de candidats. Ce même salarié demande l’organisation du second tour de scrutin. Les juges lui donnent raison.

Ce qu’en disent les juges : il faut savoir que le Code du travail ne fixe aucune date limite pour le dépôt des listes de candidats lors des élections professionnelles. Généralement, cette date limite est fixée par le protocole d’accord préélectoral.

Si ce n’est pas le cas, ou s’il n’y a pas de protocole d’accord préélectoral, l’employeur peut lui-même fixer une date limite de dépôt des candidatures. C’est bien ce qu’il s’est passé dans cette affaire. Mais là où les juges ne sont plus d’accord avec l’employeur, c’est quand il a refusé la candidature du salarié parce qu’intervenue postérieurement à la date limite fixée.

La Cour de cassation rappelle qu’aucune disposition légale ne fixe un délai devant s’écouler entre le dépôt des candidatures et la date du scrutin. Elle considère qu’en l’absence d’accord préélectoral prévoyant une date limite de dépôt des candidatures, l’employeur ne peut refuser une candidature déposée après la date qu’il a lui-même fixée, que si ce refus est justifié par des nécessités d’organisation du vote. Ce n’était pas le cas en l’espèce. L’employeur devait donc organiser un second tour.


(Cour de cassation, chambre sociale, arrêt n° 08–60476 du 4 mars 2009 : seules les nécessités d’organisation du vote peuvent justifier le refus d’une candidature déposée après la date limite fixée par l’employeur en l’absence de protocole d’accord préélectoral)
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