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Stress au travail : combien coûte-t-il ?

Publié le par dans Négociations collectives.

Une récente étude de l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité) tente de chiffrer le coût du stress au travail à travers ses répercussions sur la santé des salariés. Une évaluation d’autant plus impressionnante qu’elle ne prend en compte qu’une petite partie des coûts réels…

Stress au travail : combien coûte-t-il ? (19/02/2010)« Un état de stress survient lors d’un déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que son environnement lui impose et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face » (accord national interprofessionnel du 2 juillet 2008).

Certes, le stress n’a pas pour seule origine le travail, et chaque personne réagit différemment à une situation de stress.

Il n’en reste pas moins que le stress à haute dose induit des problèmes de santé, plus ou moins graves, et qu’il fait partie, au même titre que les situations de harcèlement moral ou sexuel, des risques psychosociaux dont les entreprises doivent se préoccuper.

Le coût du stress au travail : pas loin de 3 milliards d’euros par an

L’INRS a étudié l’impact du stress pour des hommes et des femmes qui y sont confrontés pendant plus de 50 % de leur temps de travail.

Origine des dépenses

 Coûts estimés
(en millions d’euros)

Soins en santé
199,2
Absentéisme
1.283,7
Cessations d’activité
1.235,0
Décès prématurés
279,4
TOTAL
2.997,3

Les coûts liés à l’absentéisme sont donc les plus importants, ce qui devrait inciter encore davantage les entreprises à rechercher des mesures de prévention.

Des résultats largement sous-évalués

Pour son étude, l’INRS ne s’est basé que sur une forme de stress : le travail contraint (ou « job strain »), qui se définit comme étant la combinaison :
  • d’une part, d’une faible latitude décisionnelle (absence d’autonomie dans l’organisation du travail, dans le choix des méthodes de travail, etc.) ;
  • d’autre part, de fortes demandes (tâches réalisées à une cadence rapide et soumises à des échéances serrées).

Mais cette forme de stress ne représenterait qu’environ un tiers des situations de travail fortement stressantes… L’INRS écarte en effet d’autres situations de stress liées, par exemple, à la reconnaissance du travail, car il n’existe pas assez d’enquêtes sur ces sujets.

Par ailleurs, l’étude se restreint à 3 types de pathologie : les maladies cardiovasculaires, les dépressions et les troubles musculo-squelettiques (TMS).

Or, de nombreuses autres pathologies peuvent être rattachées au stress : maladies immuno-allergiques, désordres hormonaux, etc. Là encore, il s’agit de facteurs qui, s’ils pouvaient être chiffrés, augmenteraient l’impact financier du stress professionnel.


A. Ninucci


(Le coût du stress professionnel en France en 2007 – INRS – Janvier 2010)



En tant que représentant du personnel, et parce que vous êtes l’interlocuteur privilégié à la fois des salariés et de l’employeur, vous êtes particulièrement sensibilisé aux risques psychosociaux tels que le stress ou le harcèlement.

Pour vous aider à mieux comprendre ce que sont ces risques, à mieux les repérer et à mettre en place une démarche de prévention collective, les Editions Tissot vous proposent de suivre leur formation « Risques psychosociaux : repérez les souffrances au travail ».


Article publié le 19 février 2010
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