Santé & sécurité

Conditions de travail des métiers de la « 2e ligne » de la crise du Covid-19

Publié le par dans Risques professionnels.

Nous avons beaucoup parlé de la première ligne. Un peu moins de la seconde…. Et pourtant ! Boulangers, aides à domicile, conducteurs... 4,6 millions de travailleurs du secteur privé ont encouru un risque de contamination en continuant de délivrer les services indispensables à notre vie quotidienne. Zoom sur leurs conditions d’emploi et de travail.

La seconde ligne

Les professions médicales en « première ligne » ont été mises sous le feu des projecteurs, notamment durant le premier confinement. D’autres métiers, essentiels à la vie courante, ont également été très fortement sollicités durant cette période sombre… Ces professions, qui ne peuvent s’exercer à distance, ont été très présentes durant le confinement et souvent exposées aux contaminations dans leur activité quotidienne du fait de leurs contacts nombreux avec d’autres personnes. Leurs conditions d’emploi et de travail sont aujourd’hui mises en lumière dans une étude de la DARES qui s’attache à définir le champ de ces professions dites de la « deuxième ligne » dans le privé et à décrire leur environnement de travail selon six dimensions. Alors… Qui sont ces personnes ? Quelles sont leurs conditions d’emploi et de travail « habituelles » ? Quel est leur ressenti par rapport à leur profession ?

C’est à partir de deux critères (exposition potentielle au Covid-19 et exercice du métier sur site de mars à mai 2020) qu’est établie la liste des 17 métiers concernés (hors métiers de la santé) : conducteurs de véhicules, agents d’entretien, caissiers et employés de libre-service, aides à domicile… 4,6 millions de travailleurs au total !

Conditions d’emploi et de travail

Les conditions « habituelles » (hors contexte de crise sanitaire) d’emploi de ces salariés sont précaires :

  • 10,5 % ont un contrat à durée déterminée (CDD) ;
  • 7,2 % travaillent en intérim ;
  • 26 % sont à temps partiel ;
  • et 19 % travaillent plus de 10 dimanches par an.

Au niveau salarial, les rémunérations sont inférieures d’environ 30 % à celles de l’ensemble des salariés du privé, l’écart se creusant au fil de la carrière. La part des bas salaires est 1,5 fois plus élevée dans ces métiers que dans l'ensemble du secteur privé, sachant que l’emploi féminin se concentre dans les métiers les plus mal rémunérés.

S’agissant ensuite de leurs conditions de travail, les salariés des métiers de la deuxième ligne déclarent deux fois plus souvent que les salariés du privé avoir un ou plusieurs accidents au cours de leur travail lors des 12 derniers mois.

61 % d’entre eux sont exposés à au moins 3 contraintes physiques, contre 36 % des salariés du privé : rester longtemps debout, rester longtemps dans une posture pénible, effectuer des déplacements à pied longs ou fréquents, devoir porter ou déplacer des charges lourdes, subir des secousses ou des vibrations.

65 % d'entre eux sont exposés à des fumées, des poussières ou des produits dangereux, contre 43 % des salariés du privé.

37 % d'entre eux sont exposés à un risque infectieux, contre 27 % des salariés du privé. Et c'est encore plus vrai pour les aides à domicile, les aides ménagères, les agents d'entretien, les ouvriers qualifiés des Travaux publics, du béton et de l'extraction.

Malgré ces constats plutôt sombres, l’étude se termine par une note positive. Le niveau de satisfaction des salariés de la deuxième ligne est comparable à celui de l'ensemble des salariés du privé. Idem pour le sentiment de recevoir le respect et l'estime méritée au vu des efforts fournis ou le sentiment d'utilité sociale – qui est cependant très hétérogène en fonction des métiers.

Merci à eux !


DARES, document d’études n’° 246, 18 mai 2021 « Les métiers de deuxième ligne de la crise Covid-19 : quelles conditions de travail et d’emploi dans le secteur privé ? »

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