Santé & sécurité

Digitalisation du travail : nouveaux espoirs ou nouveaux risques ?

Publié le par dans Risques psychosociaux.

Le digital fait constamment évoluer nos façons de travailler et a déjà transformé de nombreux métiers et secteurs d’activité. Si les entreprises identifient ces progrès technologiques comme de réelles opportunités et misent sur ces nouveaux outils pour se démarquer de leurs concurrents, quels sont les enjeux en matière de santé et de satisfaction au travail pour les salariés ?

Digitalisation du travail : vecteur d’amélioration des modes de vie au travail

Le digital peut constituer un réel vecteur d’amélioration de nos modes de vie mais aussi de notre épanouissement au travail. Les impacts positifs pouvant notamment se traduire en termes :

  • de qualité du travail réalisé : développement du travail collaboratif, accessibilité des formations via le e-learning, automatisation de tâches sans valeur ajoutée, potentialités des objets connectés ;
  • de communication : efficacité et réactivité dans les échanges, mise en place de réseaux d’entreprises, planification d’’événements ;
  • d’ergonomie : amélioration des espaces de travail, aides à la manutention ;
  • d’équilibre entre vie privée et vie professionnelle par le biais du télétravail ;
  • d’écologie : dématérialisation de documents, etc.

Digitalisation du travail : facteurs de risques

Ces facteurs d’amélioration suscitent des espoirs quant à leur impact positif sur les conditions de travail mais doivent être nuancés.

C’est par exemple le cas des nouvelles technologies d’assistance physique (NTAP) telles que les exosquelettes ou cobots, qui présentent de réelles perspectives en matière de prévention des troubles musculo-squelettiques mais également de nouveaux risques pour la santé et la sécurité des salariés.

Mis au point pour assister les opérateurs dans leurs tâches physiques en limitant l’effort musculaire, ceux-ci peuvent en effet produire des effets négatifs aussi bien sur le plan physique (selon les cas, création de nouvelles contraintes biomécaniques, augmentation des sollicitations cardiovasculaires, etc.) que psychique, par une augmentation importante du niveau de vigilance et de stress.

Quant aux outils numériques déjà bien implantés dans notre quotidien, ils démontrent régulièrement leur pouvoir de nuisance : pannes informatiques ou dysfonctionnements techniques sont autant de facteurs de tension pouvant aller jusqu’à générer des situations de stress chronique chez certains salariés.

Ces situations de stress chronique ont d’ailleurs récemment pris de l’ampleur alors que le télétravail a dû être généralisé et improvisé, dans de nombreux cas, sans disposer des moyens techniques et humains suffisants, ne permettant pas aux équipes de s’approprier ce nouveau mode de travail.

La révolution numérique amène aussi son lot d’inquiétudes sur le plan de l’emploi et de l’adaptation des compétences ou encore de la protection des données à caractère personnel, malgré les dispositions mises en place dans le cadre de la RGPD.

La médiatisation et l’émergence rapide de nouvelles technologies dans la sphère professionnelle interrogent ainsi potentiellement toutes les strates et fonctions de l’entreprise.

Cette mutation du monde du travail, possiblement accélérée dans le contexte que nous vivons actuellement, doit absolument intégrer une réflexion sur les retentissements sur la santé et la sécurité ainsi que sur les pratiques de prévention en entreprise.

Plus que jamais, la méthodologie d’analyse du travail devra être au cœur des transformations, pour cerner les enjeux propres à chaque système et situation de travail, favoriser le progrès… et éviter de fatales erreurs.