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Expérience, vous avez dit expérience ?

Publié le par dans Risques psychosociaux.

Les difficultés de recrutement se font de plus en plus ressentir au sein de nombreuses structures. Certains postes ne reçoivent pas forcément beaucoup de postulants. Face à ce nouveau fléau, il serait peut-être temps de revoir certains critères de recrutement.

En 2019, il n’est pas rare d’entendre les remarques suivantes chez certains recruteurs :

  • « Nous recherchons quelqu’un d’expérimenté et vous n’avez pas (suffisamment) d’expérience », « Votre niveau de diplôme est trop élevé (ou au contraire insuffisant) par rapport à l’emploi » ;
  • « Votre profil est intéressant, cependant nous trouvons que vous avez trop d’expérience, (ce qui parfois peut être une façon diplomate de dire que vous êtes trop vieux !) et vous pourriez vous ennuyer ». Quand ce n’est pas « nous avons une équipe jeune et dynamique, nous pensons que vous aurez du mal à vous intégrer ».

A candidat exceptionnel, entreprise exceptionnelle

En quoi le fait qu’un candidat n’ait pas assez d’expérience ou, à l’inverse, qu’il soit très aguerri, prouve qu’il ne pourra pas tenir l’emploi recherché ?

Il serait temps d’arrêter de chercher le « mouton à 6 pattes », oui vous avez bien lu, 6 pattes et même plus 5, compte tenu des exigences actuelles des entreprises... dont certaines sont de plus en plus sélectives dans le recrutement. Elles pensent que trouver le candidat parfait, idéal, signifie qu’il se mettra rapidement à la tâche et sera beaucoup plus productif. Il restera ainsi dans l’entreprise et il sera beaucoup plus reconnaissant.

Mais il s’agit d’une vision utopiste.

Un candidat exceptionnel recherchera forcément une structure exceptionnelle !

Une telle embauche ne dédouane pas l’employeur de son obligation d’adaptation au poste de travail et de formation, sans parler d’une période d’intégration efficace. Une mauvaise intégration sur trois engendre un départ anticipé.

A force d’attendre le profil irréprochable, les entreprises peuvent passer à côté de certains candidats qui seraient prêts à s’investir, motivés et conscients de la chance qui leur est donnée.

S’adapter au contexte

Changer les mentalités devient indispensable. Si le comportement des recruteurs pouvait sembler « acceptable » au regard de la situation de l’emploi des années 1990/2000, le contexte est désormais différent et le comportement des entreprises face au recrutement doit changer. « Un comportement n’a de sens que dans un seul et unique contexte, le contexte change le comportement n’a plus de sens ».

Selon une étude faite par Wizbii (avril 2018), un jeune sur trois estime ne pas avoir assez d’expérience. De ce fait, ils ne peuvent pas prouver leur niveau de compétences et l’investissement qu’ils sont prêts à fournir. Après une période de non reconnaissance, sans contrat, tenus par la nécessité d’avoir un salaire, ils se rabattent sur un emploi par dépit, sans aucune motivation à la réalisation des missions confiées.

De leur côté, les seniors rencontrent eux aussi des difficultés importantes sur le marché du travail. D’une part, l’âge de la retraite recule et d’autre part, la catégorie « senior » commence à partir de 45 ans !

Chaque entreprise est responsable de l’employabilité des individus. Elle doit savoir identifier leurs compétences, les aider à cultiver des savoir-faire, à évoluer.

D’où l’importance de revoir ses principes de recrutement en respectant les points ci-après :

  • faire passer un test professionnel ;
  • développer les serious games ;
  • croiser les méthodes de recrutement ;
  • être réaliste dans l’emploi proposé et le travail réalisé ;
  • stopper les aprioris, qui sont souvent en lien avec de la discrimination à l’embauche ;
  • former les différentes intervenants aux entretiens d’embauche.

Les étapes suivantes consisteront à mettre en œuvre une vraie intégration au sein de l’entreprise et de développer l’AFEST (l’action de formation en situation de travail), le dispositif P.O.E (préparation opérationnelle à l’emploi), les échanges de pratique et le « vis ma vie ».

L’entreprise doit prendre conscience que de nombreuses personnes sont dans l’attente d’un emploi et prêtes à démontrer leur savoir dès lors que l’occasion leur en est offerte. Le plus important pour une entreprise, c’est d’avoir des collaborateurs motivés au travail. Or la motivation au travail ne dépend pas d’un âge sur une pièce d’identité mais des conditions de travail et de la qualité de vie au travail.