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Harcèlement : l’employeur ne doit pas négliger les alertes du CHSCT

Publié le par dans Risques psychosociaux.

En matière de harcèlement sexuel ou moral, les représentants du personnel et plus particulièrement le CHSCT jouent un rôle central.

Une salariée de la Poste se plaignait de harcèlement moral de la part de l’un de ses collègues.

Elle invoquait un certain nombre de faits pour justifier la demande de résiliation judiciaire de son contrat de travail et des dommages intérêts auprès des juges. Elle soutenait, notamment, qu’elle s’était vue refuser son inscription à des sessions de stage qui auraient pu lui permettre d’évoluer professionnellement, et alors même que d’autres salariés en avaient eux bénéficié. Elle affirmait avoir été affectée à un poste qu’elle était la seule femme à occuper et qui impliquait le port de charges lourdes et qui avait entraîné une dégradation de ses conditions de travail.

Elle en avait alerté la direction par courriers qui étaient restés sans réponse. La salariée a, ensuite, saisi les membres du CHSCT qui eux-mêmes avaient demandé l’organisation d’une réunion exceptionnelle afin que soit évoqué le harcèlement dont la salariée était victime.

Mais la direction avait rejeté leur demande.           

Saisie par la salariée, la Cour de cassation estime que les faits sont suffisamment nombreux et graves.

Dans cette affaire, comme dans toute affaire de harcèlement moral, c’est un faisceau de facteurs qui permet aux juges de retenir l’existence d’un harcèlement moral. L’alerte du CHSCT est un élément important de ce faisceau d’indices que l’employeur ne peut pas ignorer.

L’employeur ne saurait pas négliger les alertes du CHSCT, les juges considérant qu’il s’agit d’un élément supplémentaire venant caractériser l’existence du harcèlement dans les relations de travail.

Pour plus de précisions sur la notion de harcèlement, les Editions Tissot vous proposent leur documentation « Risques psychosociaux ».

Cour de cassation, chambre sociale, 21 novembre 2012, n° 11–20352 (lorsqu’un salarié établit la matérialité de faits précis et concordants constituant selon lui un harcèlement moral, il appartient au juge d’apprécier si ces éléments, pris dans leur ensemble, permettent de présumer son existence)

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