Santé & sécurité

L’encourageant bilan du 3e plan santé au travail

Publié le par dans Risques professionnels.

Le Ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion a publié le bilan du troisième plan santé au travail. L’occasion de se réjouir des avancées pour la culture de prévention et de faire le point sur les progrès qui restent à accomplir pour réduire durablement accidents du travail et maladies professionnelles.

Principales avancées du 3e plan santé au travail

La formation à la santé et sécurité au travail est l’une des grandes avancées de ce plan. Ainsi, en 2019, près d’un million de salariés ont bénéficié d’une telle formation. Par ailleurs, une étude a révélé que les jeunes de moins de 25 ans formés en santé et sécurité au travail pendant leur scolarité sont deux fois moins victimes d’accidents du travail que les autres.

L’offre de services à destination des TPE et PME a été renforcée pour un accompagnement au plus proche des besoins. Le bilan souligne les plus de 40 000 sessions ouvertes sur l’outil en ligne OiRA qui aide les entreprises des secteurs des hôtels, cafés et restaurants, du transport routier, des commerces non alimentaires, des garages, du soin et de la prothésie dentaire à évaluer leurs risques.

Les résultats sur le sujet des risques psychosociaux sont également encourageants. La DARES a mis en évidence qu’entre 2010 et 2017, le niveau d’exposition aux risques psychosociaux a baissé. En parallèle, la qualité de vie au travail a fait l’objet de nombreux outils de sensibilisation et de plus de 4000 accords d’entreprise.

Des résultats qui se font attendre

Malgré cela, les chiffres révèlent que des progrès restent à accomplir en termes de prévention :

  • 655 715 accidents du travail ont été recensés en 2019 ;
  • 1,8 million de salariés sont exposés à au moins un produit cancérogène ;
  • en dépit de nombreux outils de prévention, le risque de chute de hauteur et de plain-pied reste à l’origine de 28 % des accidents du travail et de 21% des décès suite à accident du travail ;
  • malgré des kits de sensibilisation et des évolutions techniques, plus de 44 000 cas de TMS ont été reconnus comme maladies professionnelles en 2019.

Les Editions Tissot vous proposent toute une gamme de kits opérationnels pour faire vivre la santé- sécurité au travail, sur des thèmes tels que le travail en hauteur ou les gestes répétitifs.

Un contexte favorable pour les suites de ce plan

Le rapprochement entre santé au travail et santé publique se concrétise, avec des partenariats sur des sujets tels que le cancer, les maladies cardio-vasculaires ou les addictions.
Ainsi, grâce au partenariat entre l’institut national du cancer, l’ANDRH et le réseau ANACT-ARACT, plus de 50 employeurs comptant 1,4 million de salariés se sont engagés en 2020 en signant la charte sur l’accompagnement des salariés touchés par le cancer.

Ce rapprochement entre santé au travail et santé publique est, avec le renforcement de la prévention primaire et la prévention du risque de désinsertion professionnelle, l’un des grands enjeux également portés par la loi du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail.

Synthèse de la loi santé

Cette conjonction témoigne d’un contexte favorable pour la poursuite de ces enjeux.

Un futur plan dans la continuité

Le bilan du plan santé au travail 2016-2020 souligne également l’intérêt de davantage associer et mobiliser les services de santé au travail interentreprises dans le quatrième plan santé au travail.

Les évolutions en matière d’offre de service et de pilotage prévues par la loi pour renforcer la prévention en santé au travail devraient faciliter l’atteinte de cet objectif.

Aussi, le prochain plan santé au travail se situera dans la continuité du précédent, avec la reconduction d’efforts soutenus en faveur de la prévention des risques identifiés.

Les acteurs institutionnels prévoient également de tenir compte des évolutions du monde du travail : risques épidémiques, intelligence artificielle, ou risques émergents, en particulier liés à l’environnement.

Enfin, le prochain plan santé au travail devrait intégrer le rôle des entreprises dans la lutte contre la sédentarité ou la lutte contre les violences sexuelles et les agissements sexistes.