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La mobilisation des CHSCT face à l’illettrisme

Publié le par dans Rôle du CHSCT/CSE.

L’école garantit à tous les élèves l’apprentissage et la maîtrise de la langue française. Pourtant de nombreux jeunes quittent le système scolaire en situation d’illettrisme. On ne le répétera jamais assez, l’illettrisme fragilise et marginalise, encore aujourd’hui, de nombreux salariés. Alors qu’ordinateurs et courriels ont investis tous les corps de métier, les emplois ne requérant ni lecture ni écriture sont de plus en plus rares. Les CHSCT doivent se mobiliser pour changer la donne.

Détecter l’illettrisme

Il convient tout d’abord de distinguer l’illettrisme de l’analphabétisme.

Selon l’Agence Nationale de Lutte contre l’Illettrisme, « on parle d’illettrisme pour des personnes qui, après avoir été scolarisées en France, n’ont pas acquis une maîtrise suffisante de la lecture, de l’écriture, du calcul, des compétences de base, pour être autonomes dans les situations simples de la vie courante ».

L’analphabétisme désigne des personnes qui n’ont jamais été scolarisées.

En France, 7 % des personnes de 18 à 65 ans sont concernés par l’illettrisme. Il est important de bien comprendre leur situation pour les aider à trouver la solution la mieux adaptée.

Obstacle à l’accès et au maintien dans l’emploi comme à la progression professionnelle, c’est un véritable handicap social. Mais il peut être difficile de détecter ces personnes car elles développent des stratégies de dissimulation et de contournement très efficaces. L’autre difficulté est de les amener à en parler. Sentiment de honte et d’échec, peur d’aggraver leur situation, elles préfèrent souvent vivre avec leur différence.

L’illettrisme, le Code du travail et les IRP

Le Code du travail l’affirme dans son article L. 6111–2, « les actions de lutte contre l’illettrisme font partie de la formation professionnelle tout au long de la vie ».

Un socle de compétences a été récemment défini par le décret n° 2015–172 du 13 février 2015 comme l’ensemble des connaissances favorisant l’accès à la formation et l’insertion professionnelles. Ces connaissances sont également utiles à la vie sociale, civique et culturelle de l’individu.

Le socle comprend :

  • la communication en français ;
  • l’utilisation des règles de base de calcul et du raisonnement mathématiques ;
  • l’utilisation des techniques usuelles de l’information et de la communication numérique ;
  • l’aptitude à travailler dans le cadre de règles définies d’un travail en équipe ;
  • l’aptitude à travailler en autonomie et à réaliser un objectif individuel ;
  • la capacité d’apprendre à apprendre tout au long de la vie ;
  • la maîtrise des gestes et postures et le respect des règles d’hygiène, de sécurité et environnementales élémentaires (C. trav., art. D. 6113–1 et suiv.).

Les formations d’acquisition du socle de compétences sont éligibles au compte personnel de formation (CPF) et à la période de professionnalisation.

Parce qu’il impacte les conditions de travail et peut compromettre la sécurité, l’illettrisme s’inscrit dans les préoccupations du CHSCT. Dans la mesure où il relève de la formation continue, le CE doit lui aussi y être attentif.

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