Santé & sécurité

La qualité des relations de travail à l’épreuve de la crise sanitaire

Publié le par dans Risques psychosociaux.

Pour la semaine de la qualité de vie au travail qui se tiendra du 14 au 18 juin 2021, l’ANACT a retenu comme thème « Travailler ensemble ». La crise sanitaire met en effet en évidence le besoin de pouvoir s'appuyer sur des coopérations solides. Focus sur l’importance des relations de travail et l’épreuve que leur fait subir la numérisation des échanges.

Relations de travail : un facteur clé de santé au travail

Selon une étude Blurring – Page intérim de fin 2016, 97 % des salariés pensent qu’il est important d’avoir de bonnes relations de travail. Le comité mixte de l’organisation internationale du travail et de l’organisation mondiale de la santé a d’ailleurs posé le « bien-être social » des travailleurs comme l’un des piliers de la santé au travail.

Sentiment d’intégration, lien social, reconnaissance. Par ces besoins que vient nourrir le collectif, les relations de travail ont un effet positif sur la santé.

Par ailleurs, le soutien social permet de réguler les situations complexes et de réduire l’influence des facteurs de risques psychosociaux.

Enfin, la coopération est un important facteur de bien-être au travail.

Le saviez-vous ?
Selon l’enquête conditions de travail conduite par la DARES en 2016 :

  • 79,6 % des travailleurs indiquent aborder collectivement des questions d’organisation ;
  • la possibilité de se faire aider par ses collègues est notée par 80 % des travailleurs.

Prévenir la dégradation des relations de travail

Cependant, la coopération s’accompagne d’un risque de tensions.

Ainsi, d’après l’enquête DARES 2016, 23% des travailleurs indiquent vivre des tensions internes avec leurs collègues.

Or, si la solidarité, la confiance ou le respect diminuent, le collectif ne peut plus réguler la dégradation des conditions de travail.

A fortiori, selon plusieurs études, la violence psychologique peut engendrer des troubles dépressifs et anxieux.

En application de leur obligation de prévention (Code du travail, art. L. 4121-1), les entreprises ont donc intérêt à renforcer les relations de travail, à favoriser les moments de convivialité et à réguler les conflits et les violences.

Des relations de travail mises à distance

Depuis le début de la crise sanitaire, la cohabitation de salariés travaillant en présentiel ou en télétravail avec des collègues en activité partielle met à mal ces relations de travail.

L’utilisation du courriel, notamment, augmente le risque de malentendus et de tensions. Mal encadré, cet usage conduit à des pratiques (mots utilisés, forme du courriel, sur-sollicitation, etc.) qui relèvent de l’incivilité numérique. Cumulées, ces incivilités nuisent à la santé des salariés.

Enfin, ces modalités de travail peuvent augmenter l’isolement des salariés, entraînant un risque de mal-être.

Renforcer les espaces de discussion

Les premières actions pour pallier ces risques sont :

  • poser le cadre des échanges ;
  • veiller à la cohésion de l’équipe ;
  • organiser des réunions à distance ;
  • garantir la confiance et la libre expression en réunion.

Il est également fondamental de communiquer largement et de créer des occasions d’échanger.

Outre le fait de préserver en réunion d’équipe des moments dédiés à l’échange, deux pistes sont à privilégier.

1. Les espaces de discussion encadrés. Qu’il s’agisse de groupes d’expression (Code du travail, art. L. 2281-1 à L. 2281-11) ou d’une autre forme, ils permettent les arbitrages partagés, favorisent la prévention des conflits, renforcent les liens de coopération et stimulent l’intelligence collective.

2. Les discussions informelles. Elles rompent l’isolement et favorisent la résolution de difficultés. A distance, il est possible d’imaginer des solutions telles que des cafés visio ou des salles de pause virtuelles.

Pour reprendre les mots d’Henry Ford : « Se réunir est un début, rester ensemble est un progrès, travailler ensemble est la réussite » Pourquoi ne pas profiter de la semaine qualité de vie au travail 2021 pour y réfléchir collectivement ? ».