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Le burn-out

Publié le par dans Risques psychosociaux.

La France est le pays précurseur des études sur le syndrome du burn-out. Les premières études ont été conduites en 1959 par Claude Veil sur les états d’épuisement au travail. Puis dans les années 1970, des travaux émanant des Etats-Unis virent le jour avec des chercheurs tels que Bradley, Freudenberger ou encore Maslach. Aujourd’hui, la réflexion sur le burn-out continue car ce syndrome touche encore de nombreux salariés. Quels sont les signes et symptômes du burn-out ? Quels sont les facteurs de risque ?

Lors des premières observations, on considérait le burn-out comme spécifique aux professions « aidantes » telles que les infirmiers, pompiers, secouristes, enseignants, etc. Puis, il a été admis que le burn-out puisse toucher tous les individus en situation de travail, peu importe la profession. Freudenberger définissait ce syndrome comme une consumation des ressources internes d’un individu, ne laissant qu’un vide immense à l’intérieur. Il évoquait « un épuisement des ressources internes de l’individu et la diminution de son énergie, de sa vitalité et de sa capacité à fonctionner, qui résulte d’un effort soutenu déployé par cet individu pour atteindre un but irréalisable, et ce, en contexte de travail ». Maslach, lui, parlait d’ « incapacité d’adaptation de l’individu à un niveau de stress émotionnel continu causé par l’environnement de travail ».

Des premiers signes à la décompensation…

L’évolution du syndrome est progressive. On peut la décomposer en trois temps. En premier lieu, on note des signes discrets se traduisant par :

  • des troubles cognitifs (attention, concentration, mémoire, manque de mots, lapsus) ;
  • une diminution de la rentabilité et une augmentation de l’implication qui peut se traduire par du « présentéisme » pour tenter de retrouver son efficience et sa satisfaction antérieures ;
  • une fatigabilité accrue ;
  • un déni du surmenage et de la surcharge de travail.

Puis ces signes se traduisent en symptômes qui deviennent de plus en plus visibles. Les observations cliniques ont repéré principalement :

  • une fatigue physique et psychique qui résiste au repos pouvant être due à des insomnies ;
  • des manifestations psychologiques qui se traduisent par de l’irritabilité, des accès de colère, une sensibilité accrue aux frustrations, une labilité émotionnelle importante, une perte de plaisir au travail ;
  • des manifestations physiques telles que des céphalées, des douleurs généralisées, des tensions musculaires, des troubles du comportement alimentaire, des troubles digestifs, des infections virales à répétitions ou encore l’utilisation de recours addictifs pour pouvoir tenir.

Enfin, dans le troisième temps, l’individu arrive en phase d’état. Il souffre alors de trois symptômes caractéristiques : 

  • un assèchement affectif et émotionnel. Il n’est plus touché par rien ni personne ;
  • une déshumanisation de la relation se traduisant par du cynisme ;
  • une dégradation du sentiment d’accomplissement personnel (démotivation, un vécu d’échec d’impuissance et d’inutilité).

Les facteurs de risques

Les différentes études réalisées sur le sujet ont permis de souligner le rôle de plusieurs facteurs dans la survenue du syndrome du burn-out auquel il convient de porter une attention particulière dans une optique de prévention des risques professionnels. Les facteurs favorisant la survenue du burn-out sont :

  • la surcharge de travail ;
  • l’absence de soutien social, c’est-à-dire des relations insuffisantes ou de mauvaise qualité avec les collègues, les supérieurs, les proches ;
  • l’absence de reconnaissance au travail. Ce point est notamment évoqué par Christophe Dejours en psychodynamique du travail. Il considère la reconnaissance comme un pivot de la construction identitaire et du plaisir au travail. En bénéficier permet d’être reconnu pour ce que l’on fait et de se reconnaître dans ce que l’on fait ;
  • le manque de contrôle sur le travail, c’est-à-dire une faible participation aux prises de décision et des marges de manœuvre réduite, ainsi qu’un manque de retour d’information sur l’efficacité du travail réalisé. Karasek a mis en évidence la relation entre stress au travail et latitude décisionnelle ;
  • la perte de sens du travail ;
  • les sentiments d’inéquité et de manque de réciprocité abordés dans les travaux sur le sentiment d’injustice organisationnelle ;
  • les injonctions paradoxales ;
  • le manque de clarté dans les objectifs et les moyens pour travailler.

Si les conséquences pour un individu sont considérables, elles le sont également pour les organisations. Ce syndrome favorise l’accroissement de l’absentéisme et génère des coûts importants. Il est donc urgent, d’un point de vue humain comme économique que les entreprises continuent à prendre en compte ce problème en menant une politique de prévention des conditions de travail efficace. Par efficace, on entend des actions de prévention primaire, secondaire et tertiaire.

Pour communiquer sur les RPS et améliorer les comportements au sein de l’entreprise, les Editions Tissot vous conseillent un support simple et pratique : « Dépliants risques psychosociaux ».

Benjamin Chaillou
Psychologue social, chargé de prévention santé et risques psychosociaux

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