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Le mi-temps thérapeutique

Publié le par dans Sécurité et santé au travail.

Le mi-temps thérapeutique est une forme de travail à temps partiel pour raisons médicales dont l’objectif est de favoriser la guérison du salarié. Celui-ci peut reprendre son activité professionnelle, tout en continuant à percevoir des indemnités journalières de la Sécurité sociale pour les périodes non travaillées. Êtes-vous obligé d’accepter une reprise en mi-temps thérapeutique ? Quelles démarches devez-vous effectuer pour respecter vos obligations ?

La bonne méthode

1 – Connaître les conditions permettant au salarié de bénéficier d’un mi-temps thérapeutique

Seuls les salariés qui ont fait l’objet d’un arrêt de travail indemnisé par la Sécurité sociale peuvent bénéficier d’un tel dispositif. Il n’est pas obligatoire que le mi-temps thérapeutique soit proposé immédiatement lors de la reprise du travail. Il peut intervenir quelques jours après celle-ci, en raison de l’impossibilité médicale de poursuivre le travail à temps plein, due à l’affection qui avait entraîné l’arrêt de travail.

Le passage en mi-temps thérapeutique est une situation provisoire. Sa durée est déterminée dès le départ par la caisse primaire d’assurance maladie :

  • il ne peut pas dépasser de plus de 12 mois la période de 3 ans indemnisée normalement par la caisse, en cas de maladie de longue durée ;
  • cette durée est en général de 3 mois renouvelables, voire 6 mois pour les accidents de travail. Si le médecin conseil estime qu’il n’y a pas d’espoir de reprise à temps plein prévisible à brève échéance, il convient plutôt de faire une demande d’invalidité en 1ère catégorie ;
  • il ne peut pas non plus durer plus longtemps que le dernier jour indemnisé au titre des 360 indemnités journalières, sur cette même période de 3 ans. En effet, la caisse primaire n’indemnise pas plus de 360 journées par période de 3 ans.

Il n’y a que le médecin traitant du salarié qui puisse prescrire et éventuellement prolonger un mi-temps thérapeutique. Une fois cette condition remplie, le salarié s’adresse alors à son centre de paiement pour obtenir, après accord du médecin-conseil de la Sécurité sociale, le maintien de ses indemnités journalières. Il doit ensuite vous transmettre la prescription de son médecin et l’autorisation de la Sécurité sociale. Mais, à ce moment-là de la procédure, vous n’avez pas à vous positionner. Votre interlocuteur exclusif dans ce domaine est le médecin du travail. En effet, c’est lui, lors de la visite de reprise, qui décide ou non de suivre l’avis du médecin traitant. S’il est d’accord avec la prescription, il vous proposera donc de faire reprendre le salarié en mi-temps thérapeutique en le consignant sur la fiche de visite.

2 – Se positionner face à la demande du médecin du travail

Lorsque vous recevez la fiche de visite indiquant une reprise en mi-temps thérapeutique assortie d’éventuels aménagements du poste de travail, vous devez savoir que vous n’êtes pas obligé d’accepter. Cela reste pourtant très difficile de refuser le retour à temps partiel d’un salarié qui jusque-là était absent. Il faudra réussir à démontrer que l’état de santé du salarié ne justifie pas l’aménagement demandé ou que le poste du salarié ne peut être occupé à temps partiel et réparti entre deux salariés. Dans ce cas, il faut tenter d’obtenir du médecin du travail qu’il déclare le salarié inapte à son poste. En cas de désaccord, vous devez saisir l’inspecteur du travail qui prendra une décision, après avoir consulté le médecin inspecteur du travail. En cas de refus de votre demande, il ne vous reste plus alors qu’à saisir le tribunal administratif. Ainsi, dans la pratique, il est difficile de refuser la demande qui vous est faite.

3 – Déterminer la rémunération du salarié qui reprend le travail en mi-temps thérapeutique

Comme pour tout passage d’un salarié à temps partiel, la rémunération que vous lui verserez sera calculée proportionnellement à sa nouvelle durée du travail. Le salarié percevra en parallèle des indemnités journalières, ce qui fait qu’au total, il percevra une rémunération presque équivalente à celle qu’il percevait lorsqu’il travaillait à temps complet.

Cependant, si cette nouvelle rémunération (salaire temps partiel + indemnité journalière) est inférieure à celle qu’il percevait auparavant, certaines conventions collectives prévoient que l’employeur verse la différence. Pensez donc à vérifier ce point.

Par ailleurs, vous aurez l’obligation de remplir chaque mois une attestation de salaire destinée à la caisse primaire pour que le salarié puisse continuer à bénéficier d’indemnités journalières.

Évitez les erreurs

Ne vous laissez pas imposer les horaires de travail par le salarié, le médecin traitant ou le médecin du travail

En effet, c’est le médecin traitant qui précise dans sa prescription médicale la nouvelle durée du travail du salarié.

À ce propos, le mi-temps thérapeutique peut tout à fait être d’une durée supérieure ou inférieure à 50 % de la durée habituelle de travail du salarié. En revanche, c’est à l’employeur de définir les horaires du salarié, en tenant compte des nécessités d’organisation du travail dans l’entreprise.

Dans certains cas, face à certaines pathologies, le médecin du travail peut cependant préconiser que le temps de travail du salarié soit réparti sur des demi-journées, par exemple. Dans ce cas, il faudra respecter l’aménagement proposé, mais c’est vous qui définirez les heures d’arrivée et de sortie.

Le rôle des RP

Les délégués du personnel n’ont pas à être informés ou consultés sur le retour d’un salarié en mi-temps thérapeutique. Ils ne jouent donc aucun rôle particulier en la matière.

Les sanctions possibles

Il n’y a pas réellement de sanctions dans le cadre du mi-temps thérapeutique. En revanche, si vous avez refusé la reprise sous forme de mi-temps thérapeutique, l’inspecteur du travail peut vous y contraindre. Vous devrez alors reprendre le salarié à temps partiel. Le salarié qui n’aurait pas travaillé, en raison de votre refus et dans l’attente de la décision de l’inspecteur du travail, pourrait réclamer des dommages et intérêts devant le conseil des prud’hommes.

Si vous licenciez le salarié qui a repris le travail sous cette forme et qu’il est établi que c’est pour cette raison, vous risquez d’être condamné pour discrimination liée à la maladie ou au handicap. Dans ce cas, il s’agit alors d’un délit pénal pouvant être sanctionné d’une peine de 3 ans d’emprisonnement et d’une amende maximale de 45.000 euros. De plus, le licenciement sera considéré comme nul et le salarié pourra demander sa réintégration dans l’entreprise.

Notre conseil

Concluez avec le salarié un avenant de passage à temps partiel à durée déterminée

Le salarié, avant son arrêt maladie, travaillait à temps plein. Or, le médecin préconise un passage à temps partiel limité à une certaine durée. Il est donc essentiel d’entériner la modification de son contrat de travail par un avenant prévoyant le changement de sa durée du travail, mais aussi de sa rémunération. En effet, en l’absence d’avenant à durée déterminée, le salarié pourrait ensuite prétendre à un passage définitif à temps partiel.

De plus, et comme pour toutes modifications du contrat de travail, la conclusion d’un avenant est obligatoire. Il est en revanche inutile de prévoir sur votre avenant la possibilité de faire effectuer des heures complémentaires ou de changer les horaires de travail, ce temps partiel étant mis en place pour raisons médicales.

De même, l’avenant étant à durée déterminée (la durée étant celle du mi-temps thérapeutique), il n’est pas nécessaire de faire figurer une clause prévoyant une priorité sur les emplois à temps plein. À l’issue du mi-temps thérapeutique, vous devrez ainsi redonner au salarié l’emploi à temps plein qu’il occupait précédemment. Si le mi-temps est renouvelé, il faudra alors conclure avec le salarié un second avenant.

Téléchargez notre modèle d’avenant au contrat de travail : passage à temps partiel

Passage à temps partiel 
(doc | 1 p. | 48 Ko)

Cette fiche conseil est un extrait de notre publication « Gérer le personnel ».

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