Santé & sécurité

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Le sentiment d’insécurité dans l’emploi va croissant

Publié le par dans Risques psychosociaux.

La DARES a publié une analyse alarmante sur l’évolution du sentiment d’insécurité des salariés des secteurs public et privé. En 2013, 35 % des salariés ont un sentiment d’insécurité dans leur emploi contre 26 % en 2005. Un indicateur fort à prendre en considération par les représentants du personnel pour apporter de l’aide à ces salariés.

Les indicateurs de l’insécurité de l’emploi

La crise économique et l’augmentation du chômage ont fait croître l’angoisse de perdre son emploi y compris chez les salariés en CDI.

Ainsi, 46 % des salariés interrogés pensent qu’il leur serait difficile de retrouver un emploi avec une rémunération similaire. Le facteur d’âge aggrave cette situation et seul 22 % des 55 à 59 ans interrogés sont optimistes sur leur capacité à retrouver un emploi.

La DARES fournit, dans son étude, des indicateurs permettant de détecter les salariés en situation dite « stable insécurisée » :

  • dépasser régulièrement les horaires de travail sans compensation en salaire ou en repos ;
  • ne pas prendre tous ses congés ;
  • venir travailler quand on est malade ;
  • ne pas exprimer son désaccord avec un supérieur en cas de conflit et devoir faire des choses que l’on désapprouve ;
  • ne pas déclarer un accident de travail.

Les conséquences multiples sur la santé des salariés

Un mauvais état de santé peut être la cause d’une crainte sur la sécurité de l’emploi. Ainsi, 46 % des actifs occupés dont l’état de santé est « mauvais » ou « très mauvais » craignent de perdre leur emploi dans l’année à venir, contre seulement 20 % de ceux qui sont en bonne santé. L’état de santé est vécu comme un facteur de risque de perte d’emploi en raison d’une moindre capacité à effectuer son travail.

Travailler en subissant la peur est aussi un grave facteur de risques psychosociaux. L’angoisse induit souvent une fatigue chronique préjudiciable à la vigilance du salarié. Elle le rend moins soucieux de la préservation de sa santé et de la prévention des risques professionnels. En effet, le salarié en situation de repli moral est moins attentif aux règles de sécurité et moins apte à mesurer les risques. Il est donc plus exposé aux accidents.

Le renoncement aux droits par les salariés insécurisés

Le sur présentéisme, le renoncement à tout droit d’expression ou encore la peur latente qui conduit le salarié à négliger sa sécurité : tous ces symptômes sont l’expression du renoncement à faire valoir ses droits dans l’entreprise par peur de perdre son emploi.

L’étude ne nous dit pas comment traiter de type de situation mais les représentants du personnel, en particulier le CHSCT, doivent se mobilier pour détecter et accompagner les salariés en souffrance. Ils ont besoin d’aide mais s’interdisent de la demander par crainte d’aggraver leur situation. Individuellement il est difficile de changer cette situation. Les actions doivent être conduites sur le terrain collectif à travers des démarches de fonds.

Pour vous aider à identifier les salariés en situation de mal-être, inscrivez-vous à notre « Formation risques psychosociaux : repérez les souffrances au travail et accompagnez les salariés fragilisés ».

DARES, analyses, décembre 2015, n° 92, Insécurité de l’emploi et exercice des droits dans le travail

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