Santé & sécurité

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Les poussières de bois : comment protéger les salariés ?

Publié le par dans Risques professionnels.

Le ministère chargé du travail (Direction générale du travail) ainsi que d’autres organismes officiels en matière de prévention des risques professionnels ont effectué, en 2008, une campagne nationale de contrôle et de sensibilisation sur le risque cancérogène lié à l’exposition des poussières de bois.

Les résultats de la campagne montrent que les entreprises ont du mal à prendre en compte ce risque, que ce soit à travers l’évaluation des risques, la mise en place ou la vérification des équipements d’aspiration à la source ou les contrôles de la valeur limite contraignante (1 mg/m3) exigée par la réglementation, entre autres.

Pour améliorer la protection de la santé et de la sécurité des salariés, les entreprises doivent mettre en œuvre une démarche de prévention qui comporte les étapes suivantes :

1. L’identification de la nature du risque, c’est-à-dire les poussières de bois (agent cancérogène).

2. L’évaluation de l’exposition par salarié ou par groupe des salariés exposés de manière homogène (GEH) à partir de deux critères :

  • le degré d’exposition, c’est-à-dire l’évaluation des concentrations de poussières aux postes de travail ;
  • la durée de l’exposition, c’est-à-dire l’évaluation en fonction de l’activité des salariés, y compris les salariés à temps partiel ou ceux occupant plusieurs postes.

Les mesures de concentration des poussières de bois dans l’atmosphère du lieu de travail doivent être réalisées par prélèvement individuel et pendant l’activité réelle des salariés.

3. La suppression ou la réduction du risque : l’exposition doit être réduite à un niveau aussi bas qu’il est techniquement possible et, en tous cas, en dessous de la valeur limite réglementaire contraignante.

Pour le faire, l’employeur doit appliquer des mesures de prévention collectives, telles que :

  • isoler le poste de travail, en mettant en place un système fermé, ou bien isoler les opérateurs de la zone empoussiérée, dans une cabine avec une porte fermée ;
  • mettre en place des dispositifs d’encoffrement des machines ou de captage efficace à la source afin de limiter au maximum les émissions de poussières ;
  • installer un système d’humidification des poussières dans les ateliers ou dans les stockages de bois, soit par pulvérisation à haute pression, soit par brumisation dans l’atmosphère ;
  • dépoussiérer de manière régulière les machines (scie, machines à lames circulaires, etc.) ;
  • limiter l’accès aux zones à risque, seulement aux salariés dont la présence est indispensable ;
  • contrôler régulièrement le respect de la valeur limite réglementaire. L’employeur doit faire procéder au moins une fois par an à une mesure de la quantité de poussières présentes dans l’atmosphère des postes de travail par un organisme agréé.

L’employeur doit également appliquer d’autres mesures, telles que :

  • former et informer les salariés, en rédigeant une notice pour chaque poste ou situation de travail exposant aux poussières de bois, afin d’informer les salariés sur les risques et les mesures de prévention à appliquer ;
  • assurer une surveillance médicale renforcée des salariés par le médecin du travail et la rédaction d’une fiche d’exposition individuelle ;
  • mettre à disposition des salariés un masque de protection respiratoire de type P2 au minimum. Les salariés doivent l’utiliser pendant les phases de nettoyage ;
  • rédiger des modes opératoires pour les situations les plus à risques, telles que l’entretien, la réparation ou la maintenance des machines ;
  • contrôler annuellement l’efficacité du système de ventilation et de captage à la source.



Références : C. trav. art. L. 4121–2 (évaluation des risques), arrêté du 18 septembre 2000 (liste substances, préparation et procédés cancérogènes), art. R. 4412–149 (valeur limite d’exposition professionnelle), art. R. 4412–59 (cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction), art. R. 4412–23 (vérification d’installations et appareils de protection collective), art. R. 4412–39 (notice de poste), art. R. 4412–75 (modes opératoires), art. R. 4323–95 (équipements de protection individuelle) et art. R. 4412–41 (fiche d’exposition)
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