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Les salariés aidants familiaux : des salariés fragilisés

Publié le par dans Obligations de l’employeur.

Etre aidant familial n’est pas un choix mais un fait de la vie familiale dont le poids peut être pénalisant jusque dans la vie professionnelle. Deux lois récentes sont intervenues dans la législation du travail permettant aux aidants de disposer de disponibilités. Malgré ces aménagements, il convient d’accompagner et soutenir ces salariés en tension.

Le profil des aidants familiaux

Selon une enquête conduite depuis 2014 par des universitaires à la demande de la MACIF et l’UNAF (Union Nationale des Associations familiales), les aidants sont majoritairement des jeunes et des femmes qui aident un parent ou un enfant fortement limité dans les actes de la vie quotidienne. Un tiers des aidants interrogés exerce une activité à temps partiel subi du fait de sa situation familiale.

Pour eux le travail est à la fois une source de plaisir, un temps de répit et une source de stress en raison de la difficulté de concilier leur travail avec leurs obligations familiales.

Le don de jours de repos

Une loi du 9 mai 2014 a permis le don de jours de repos à un parent d’un enfant gravement malade. Ainsi, un salarié peut, sur sa demande et en accord avec l’employeur, renoncer anonymement et sans contrepartie à tout ou partie de ses jours de repos non pris au bénéfice d’un collègue qui assume la charge d’un enfant âgé de moins de vingt ans atteint d’une maladie, d’un handicap ou victime d’un accident d’une particulière gravité. Le salarié bénéficiaire d’un ou plusieurs jours bénéficie du maintien de sa rémunération pendant sa période d’absence. Cette période d’absence est assimilée à une période de travail effectif.

Une loi socialement responsable et porteuse d’une solidarité bienvenue dans les entreprises en perte de repères collectifs. Fin 2015, les salariés d’une fonderie située en Mayenne ont ainsi fait don de 213 jours de RTT à une de leur collègue pour lui permettre de s’occuper de son fils de 9 ans atteint d’une tumeur au cerveau. Un bel élan de solidarité.

Le congé de proche aidant

La loi toute récente, du 28 décembre 2015, relative à l’adaptation de la société au vieillissement, a remplacé le congé de soutien familial pour le congé de proche aidant, élargissant le périmètre d’assistance pris en considération.

Ce congé, non rémunéré, est accessible au salarié ayant au moins deux ans d’ancienneté dans l’entreprise pour aider une personne handicapée ou en une perte d’autonomie d’une particulière gravité. Les personnes concernées sont essentiellement dans le périmètre familial (conjoint, concubin, partenaire pacsé, ascendant, descendant, collatéraux jusqu’au 4e degré du salarié et du conjoint, enfant à charge).

La nouveauté introduite par la loi de 2015 est la possibilité de bénéficier de ce congé pour accompagner une personne extérieure à la famille. Il peut ainsi s’agir de la personne âgée ou la personne handicapée avec laquelle il réside ou entretient des liens étroits et stables, à qui il vient en aide de manière régulière et fréquente à titre non professionnel pour accomplir tout ou partie des actes ou des activités de la vie quotidienne (voir notre article « Congé de soutien familial : remplacé par un dispositif plus souple »).

Il faut aussi aider les aidants

Selon le site Internet dédié aux aidants (https://lesitedesaidants.fr/), certains salariés ne souhaitent pas déclarer la perte d’autonomie de leur proche.

Il existe des signaux d’alerte à prendre en considération pour les détecter :

  • les absences de courtes durées et les retards répétés ;
  • les demandes de congés fréquentes ;
  • les demandes d’aménagement du temps de travail ;
  • le retrait de la vie collective.

Loi n° 2015–1776 du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement, Jo du 29

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