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Les TMS du membre supérieur

Publié le par dans Risques professionnels.

Les troubles musculo-squelettiques rassemblent un large ensemble d’affections et représentent aujourd’hui une des questions les plus préoccupantes en santé au travail. Parmi eux, les troubles musculo-squelettiques du membre supérieur (TMSms) représentent la très grande majorité des TMS reconnues comme maladies professionnelles.

Les principaux facteurs des TMS sont des pathologies multifactorielles à composante individuelle et professionnelle. Outre les facteurs individuels comme l’âge, le sexe, l’obésité, etc., deux types de facteurs professionnels ont un rôle dans l’apparition de ces troubles. Ce sont les facteurs biomécaniques (efforts statiques, mouvements de force, etc.) et les contraintes psychosociales et organisationnelles (insuffisance de pauses, contraintes de rythme, etc.). Le stress joue également un rôle non négligeable dans le risque des TMS.

Indicateurs sanitaires

Le syndrome du canal carpien arrive en tête des statistiques, avec 37 % des maladies professionnelles en 2012. Il est généralement dû à des mouvements répétitifs du membre supérieur en force, des mouvements de torsion du poignet, etc.

Indicateurs d’exposition aux risques professionnels

Une part importante des salariés est exposée au cumul des 3 types d’exposition biomécanique, à savoir : travail en force, postures pénibles et répétitivité élevée (15 % des femmes et 14 % des hommes).

Dans l’ensemble, les plus jeunes (20–29 ans) sont les plus exposés, peu importe le sexe.

Un homme sur 2 de cette tranche d’âge est exposé à l’association posture pénible/travail en force.

Les femmes sont plus concernées par une répétitivité élevée des tâches et les hommes par le travail en force.

Quel que soit le sexe, les ouvriers non qualifiés et qualifiés et les employés commerce sont les plus touchés par le cumul des expositions.

Les facteurs prédictifs de douleurs ou de TMS de l’épaule sont distingués selon le sexe :

  • chez les hommes, il s’agit surtout des facteurs physiques (travailler les bras au-dessus des épaules, charge physiologique de travail élevée) et le faible soutien social de collègues ;
  • chez les femmes, il s’agit des facteurs physiques (charge physique de travail élevée ressentie, travailler les bras éloignés du corps) mais aussi des contraintes organisationnelles (avoir un contrat précaire, travailler avec des collègues en contrat précaire, faible latitude décisionnelle) et des facteurs individuels comme l’obésité.

Indicateurs de réparation

Si l’on regarde la période 1997–2012, les TMSms représentent une part prépondérante des maladies professionnelles indemnisées : en moyenne 70 % pour le régime général de Sécurité sociale et plus de 80 % pour le régime des salariés agricoles sur la même période. Ce nombre a été multiplié par 6 au régime général de Sécurité sociale et par 3 au régime des salariés agricoles.

Les TMS constituent aussi la première cause de journées de travail perdues, avec la perte, en 2011, de 9 millions de journées de travail, soit 84 % du total des journées d’incapacité temporaire consécutives aux maladies professionnelles. La part des TMSms dans l’ensemble des maladies professionnelles indemnisées par la Sécurité sociale est plus élevée chez les femmes que chez les hommes.

Sous déclaration des TMSms

Deux systèmes de surveillance mis en place au Département santé travail de l’INVS ont permis, par des approches différentes, d’évaluer le taux de sous-déclaration en maladie professionnelle et de confirmer l’ampleur de la sous-déclaration des TMSms. À partir du réseau de surveillance des TMS en Pays de la Loire, ce taux de sous-déclaration du SCC (syndrome du canal carpien) est estimé à 42 % chez les hommes et à 44% chez les femmes. À partir du programme de surveillance des MCP (maladies à caractère professionnel), il est estimé à 64 % chez les hommes et à 56 % chez les femmes.

Toutes ces données du département santé travail (DST) de l’institut de veille sanitaire (INVS) sont essentielles pour l’orientation de programmes de prévention efficaces du risque de TMS réclamant la mobilisation de tous les acteurs de l’entreprise : le CHSCT, le service de santé au travail, le chef d’entreprise, et les salariés.

Pour vous aider à prévenir les TMS, téléchargez notre dossier de synthèse :

Nous vous proposons également des dépliants sur les TMS.

Institut de veille sanitaire – Les troubles musculo-squelettiques du membre supérieur en France

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